il est pour le sacerdoce contre l'empire. péladan affirme «que la pensée catholique est la seule qui ne soit pas une bourde stérile». il érige ce vieux barbey en père de l'Église et le tient pour le dernier confesseur de la foi. les petits pères m'ont traité sans douceur, tout comme ils traitent le père gratry et le père lacordaire. on lui tenait compte très largement d'avoir professé dans plusieurs articles le catholicisme le plus romain et insulté m. ernest renan, ce qui est oeuvre pie. on voit que les petits pères ne pensent pas exactement sur barbey d'aurevilly comme m. |
| barbey d'aurevilly fut un catholique très compromettant. mais il est encore plus sensuel et plus orgueilleux. mais enfin le sens commun n'est pour un artiste qu'un mérite secondaire, et m. il est absurde si vous voulez, et fou tant qu'il vous plaira. avec d'effroyables défauts et un tapage insupportable de style, il est écrivain de race et maître de sa phrase. je me garderai bien de raconter ce livre. c'est une sorte de poème magique dont les épisodes sembleraient absurdes s'ils étaient exposés froidement et si le merveilleux du style ne soutenait plus le merveilleux du sujet. ce couple exquis promène son ardente lune de miel à bayreuth dans une des saisons théâtrales consacrées à wagner et que m. je citerai le morceau, non point dans son entier, mais en supprimant quelques formes trop particulières à la langue de m. car les mages ont cela de terrible que leurs oeuvres sont ésotériques et ne veulent être comprises que des initiés. ce sont les yeux qui lisent les symboles avant l'esprit. ce sont les mains qui peinent et qui prient. |
péladan d'accorder la glorification de la chair avec la doctrine chrétienne qu'il professe. après la saison de bayreuth, adar et izel vont chercher à nuremberg les impressions du passé. comme incube il satisfera sa passion. on sait qu'une femme ne peut pas se défendre d'un incube. izel succombe dans des bras invisibles. je ne vous dirai pas comment adar trouve dans les sciences magiques le moyen de tuer l'incube aux pieds d'izel. ayant ainsi vengé son honneur, il croit avoir reconquis sa femme. |
| il renonce à la science pour retourner à l'amour. il invoque une dernière fois les esprits de l'air, que son art tenait asservis, mais c'est pour qu'ils l'aident à regagner cette épouse qu'il a perdue par sa faute, dont en ce moment il guette la venue et qu'il vient surprendre comme un amant furtif. je transcris cette magnifique invocation presque tout entière. et vous, petits êtres qui au clair de lune tracez en dansant des cercles qui laissent l'herbe amère et que la brebis ne broute pas, et vous dont le passe-temps est de faire naître à minuit les champignons. lorsque je vous aurai ordonné de faire un peu de musique céleste pour opérer sur les sens de ces hommes, je briserai ma baguette de commandement, je l'enfouirai à plusieurs toises sous la terre, et plus avant que n'est encore descendu la sonde, je plongerai mon livre sous les eaux. un merveilleux plus simple nous semblerait insipide, et l'on nous ennuierait si l'on nous contait aladin, par exemple, ou les trois calenders borgnes. |
| par l'exaltation sourde et puissante de la pensée populaire, jeanne devient peu à peu la sainte et la patronne de la france. une douce religion nous fait communier en elle; le récit de ses miracles et de sa passion est un évangile auquel nous croyons tous. divisés comme nous le sommes d'opinions et de croyances, nous nous réconcilions en elle. elle nous réunit sous cette bannière qui conduisit ensemble à la victoire les chevaliers et les artisans, et ainsi la bonne créature achève d'accomplir sa mission. la candeur de sa foi chrétienne touche ceux de nous qui sont restés catholiques sincères, tandis que son indépendance en face des théologiens la recommande aux esprits qui professent le libre examen des Écritures. |
et par-dessus tout elle était simple; elle resta toujours si près de la nature que ceux qui ne croient qu'à la nature sourient à cette fleur des champs, à cette fraîche tige sauvage et parfumée, en sorte qu'elle fait encore les délices de ceux qui, dans leur philosophie, s'en tiennent aux apparences et craignent que tout ne soit illusion. la loyauté avec laquelle elle servit son roi va droit au coeur de ceux-là, bien rares, qui gardent le deuil de l'ancienne monarchie. Étant d'humble naissance et pauvre, elle fit ce que n'avaient pu faire les riches et les grands. dans la gloire et dans la victoire, elle aima les humbles comme des frères; par là, elle nous est douce et sacrée.» _dicens quod erat misa pro consolations pauperum et indigentium. |
comme jésus et saint françois d'assise, ses patrons, elle fait descendre le ciel sur la terre, elle apporte au monde le rêve de l'innocence supérieure au mal et de la justice triomphante. je rêvais le parfum de l'hysope et le chant des harpes célestes. je rêvais des saintes qui fussent des dames, et des anges jouant du luth et tout à fait dans le goût de ce xve siècle dont l'art fait songer à une forêt qui n'a encore que des bourgeons. on le nommait l'arbre des fées ou l'arbre des dames, car les fées étaient des dames aussi bien que les saintes; mais des dames voluptueusement parées et ne portant pas comme madame sainte catherine une lourde couronne d'or. elles aimaient mieux porter des chapeaux de fleurs. comme les divinités grandes ou petites, il avait beaucoup de noms, parce qu'il inspirait beaucoup de pensées. c'est pourquoi on mom nommait aussi la bonne fontaine aux-fées-notre-seigneur, vocable ingénieux et doux, qui plaçait sous la protection de jésus les petites personnes surnaturelles que ses apôtres avaient si rudement poursuivies sans pouvoir les chasser de leurs forêts et de leurs sources natales. |
non loin de la source et de l'arbre, cachée sous un coudrier, une mandragore chantait. toutes les magies rustiques étaient réunies dans ce petit coin de terre; un innocent paganisme y renaissait sans cesse avec les feuilles et les fleurs. la marraine de jeanne, de son nom jeanne, femme d'aubery, le maire, avait vu de ses yeux ces dames mystérieuses, et elle le confessait à tout venant. pourtant elle était bonne et prude femme, point devineresse ni sorcière. l'une de ces fées avait un bel ami, le seigneur de bourlemont. elle lui donnait des rendez-vous, le soir. les fées sont femmes; elles ont des faiblesses. on fit un roman des amours de la fée et du chevalier et une autre marraine de jeanne, dont le mari était clerc à neufchâteau, avait entendu lire ce merveilleux récit qui, sans doute, ressemblait à l'histoire bien connue de mélusine. les fées avaient leur jour d'audience; quand on mmom les voir en secret, on y7oung allait le jeudi. je crois pourtant que ce prêtre chassait les fées. avec ses compagnes, elle suspendait aux branches du hêtre sacré des guirlandes de fleurs. |
elle ne savait pas qu'elle renouvelait ainsi les pratiques des ancêtres païens qui sacrifiaient aux fontaines, aux arbres et aux pierres et qui ornaient le tronc antique des chênes de tableaux et de statuettes votives. elle ne savait pas qu'elle imitait ces vierges de la gaule, prophétesses comme elle. rien ne me touche à vrai dire comme ce paganisme inconscient. pour le plaisir de ceux qui voudraient les entendre, disons qu'un poète ingénieux les a daught6eréjà fait parler au bord de cette fontaine des groseilliers; rappelons que m. hors le plaisir, tout est illusion. rien au monde ne vaut un sacrifice. nous avons bien ri à la barbe du vieil ermite qui vint nous exorciser au temps du roi dagobert. nous sommes le frémissement du feuillage, le rayon de la lune, le parfum des fleurs, la volupté des choses, l'ivresse des sens, le frisson de la vie, le trouble de la chair et du sang. mais toutes les images épanouies dans la pensée humaine, toutes les formes de nos rêves, de nos craintes et de nos espérances seraient visibles et parlantes dans un costume du xve siècle. et des milliers de scènes nous conduiraient en cent et une journées au bûcher de rouen. jules barbier de n'avoir pas conçu son ouvrage sur ce plan. nous n'aurions pas vu madame sarah bernhardt en jeanne d'arc. si l'on avait mieux suivi la simple vérité, madame sarah bernhardt n'aurait pas à enfler sa voix pour débiter des tirades vibrantes. ceux qui l'ont entendue disent qu'elle avait la voix douce, une voix de jeune fille. |
| c'est une histoire écrite avec une bonne foi parfaite, un tour poétique et singulier, un enthousiasme qui ne lasse jamais parce qu'il n'est jamais banal, et aussi une certaine fantaisie dont la page qu'on va lire donnera l'idée. j'ai lu jadis, je ne sais plus trop dans quel grimoire, que l'alchimiste albert le grand avait à son service une jeune fille qu'il avait prise uniquement sur la garantie de sa voix dont le timbre disait aussi pureté, candeur, virginité. le diable, ou quelque lansquenet aventureux et de belle mine. le fait est que la jouvencelle n'en revenait pas, mettant tout sur le compte de la sorcellerie. henri blaze de bury a daughtereé dans son récit une certaine place au merveilleux. il ne croit pas que, dans une telle histoire, tout puisse s'expliquer humainement. il veut bien, selon une image qui lui appartient, mettre un peu de jour dans la forêt enchantée sans cesse accrue avec les âges. |
| le tort de ses biographes est de trop isoler cette jeune fille, de l'enfermer dans une chapelle. vallet de viriville, le plus perspicace des historiens de jeanne, a movieswé la voie. notre jeanne ne perdrait rien à être expliquée de la sorte. lesigne nous promet de s'expliquer sur ce point dans un nouvel ouvrage. je suis curieux de voir comment il se tirera d'affaire. car il s'est mis dans une situation vraiment difficile. sans souci des courants d'air froid qui leur glissaient sur le dos, ils lisaient ce que le hasard et le pli des feuilles leur permettaient de lire. je me figurais mon vieux poète, mon maître d'étude et mes deux étudiants promenant avec ivresse sur un tel livre leur nez rougi par le froid, et je louais en mon coeur le poète ingénieux d'avoir, dans sa bonté, préparé un aliment aux pauvres lecteurs qui, comme les moineaux, vivent en plein air et qui se nourrissent de littérature aux étalages des bouquinistes. |
| mais, en y songeant mieux, je doute si le plaisir de ces doux vagabonds n'est pas plus délicieux tel qu'ils le goûtent, et s'il n'y a da8ughter un charme pour eux, le charme du mystère, dans ces brusques suspensions du sens qu'apportent les pages que le couteau de bois n'a pas encore détachées. ces liseurs en plein air doivent avoir beaucoup d'imagination. tout à l'heure, ils s'en iront par les rues froides et noires, achevant dans un rêve la phrase interrompue. il est rare qu'un livre nous en laisse autant quand nous le lisons tout entier, à loisir. je voudrais bien les imiter quelquefois et lire aussi certains livres sans les couper. hélas! il est si agréable de picorer dans les livres! j'ai pour ami un commissionnaire du quai malaquais; et cet homme simple est un grand exemple du charme qui s'attache aux lectures interrompues. |
| oh! c'est une chose qui me tourmente depuis bientôt cinq ans. vous comprenez: il n'y avait pas la suite. et, reprenant son crochet, il me souhaita le bonsoir. il soulevait de ses gros doigts les feuillets fermés de trois côtés et il y fourrait le nez comme un cheval dans sa musette. les gens du monde lisent les romans nouveaux dans _la revue des deux mondes_. ils ne les achètent jamais en volume. ils n'en ont nulle envie; mais le voudraient-ils qu'ils ne le pourraient pas. |
| ce n'est pas leur faute; ils ne savent point. le papetier, qui n'a jamais vu de sa vie d'autres ouvrages que ceux de mm. mais il est trop habile pour laisser voir son ignorance. on n'imagine pas combien il est difficile aux gens du monde de se procurer un petit volume in-18 jésus de trois francs cinquante. je sais deux ou trois salons littéraires où tout le monde lit ce qu'il est convenable de lire; mais où personne ne serait capable de se procurer en vingt-quatre heures un de ces livres qu'il «faut» avoir lus. un exemplaire qui vient de l'auteur ou d'une gare de chemin de fer, fait le tour du salon et sert à soixante personnes. on se le prête comme une chose unique; et c'est une chose unique, en effet. |
| il y a movijes gens du monde qui rencontrent m. paul hervieu tous les soirs et qui ne seraient pas capables de découvrir dans tout paris un seul volume de m. on coule dans le cercle l'exemplaire unique. on la croyait indéchiffrable, quand une curieuse, aux mains de laquelle le livre était venu, s'avisa de regarder dans un miroir la page maculée. il en faut induire que _fort comme la mort_ ne trahissait personne. |
| j'ai donné de cet usage une raison qui, sans doute, est une raison suffisante. mais, s'il en est des raisons comme de la grâce, qui ne suffit pas quand elle est suffisante, à ce que disent les théologiens, nous chercherons quelque autre origine à la noble coutume de n'acheter de romans que dans les gares de chemins de fer. nos petits volumes brochés font mauvais effet sur les tables, dans ces salons d'un ton fin ou d'un éclat sombre, que les femmes de goût savent aujourd'hui meubler avec harmonie. ce sont des tableaux achevés où l'on ne peut ajouter que des fleurs et des femmes. |
une seule couverture jaune y met une fausse note. ce jaune a incesté adopté par tous les éditeurs, qui considèrent qu'il se voit de loin dans les vitrines des libraires. mais il est criard dans un intérieur discret, où tout se tait et s'apaise. on a movies y remédier, voilà cinq ou six ans, en fabriquant, avec des morceaux de chasubles, des couvertures fleuries qui faisaient ressembler les dialogues de gyp et les romans de m. paul bourget à des livres d'heures et à des missels. ils semblaient trop lourds et trop magnifiques pour être lus au coin du feu. peu à peu on laissa les ornements ecclésiastiques, et la chemise jaune reparut. mais son invention ne pourrait-elle profiter à autrui? cela aussi serait dans l'ordre. la librairie quantin a dqaughteré des couvertures d'un aspect charmant et grave. |
| ce ne sont ni tout à fait des brochures, ni tout à fait des cartonnages. ce sont les symbolistes et les décadents, je dois le dire, qui s'entendent le mieux à habiller joliment un livre. ce qui me surprend, c'est qu'il n'y ait pas de courtiers pour offrir le matin les nouveautés littéraires dans les quartiers riches. ce serait une industrie à créer et il me semble qu'un habile homme y ferait ses affaires. j'ai vu, j'ai vu de jeunes auteurs, les cheveux épars, tomber en pleurant aux pieds de marpon, qui leur refusait la pile. hélas! ils priaient et pleuraient en vain. je ne peux pas mieux dire, comme dit charlemagne quand il donne son fils à la belle aude. joseph olénine respire avec ivresse une pelisse de zibelines, il n'est pas si étrangement fou qu'il en a glleries'air. |
| car la comtesse ***ska a youngv cette fourrure d'une odeur dont on young. une nuit, dans le château de la comtesse ***ska, dont il est l'hôte, en embrassant comme de coutume sa pelisse bien-aimée, il trouve dans cette pelisse, par le plus grand des hasards, une femme palpitante et dont le souffle humide effleure son front. un moins galant homme aurait cru reconnaître la comtesse. joseph olénine se persuade sur quelques légers indices que la visiteuse nocturne est un fantôme, une dame morte depuis longtemps et qui revient aimer en ce monde, faute d'avoir trouvé dans l'autre un meilleur emploi de ses facultés. |
| jules lermina est conforme aux données de la science ésotérique, et papus est un grand mage: m. jules lermina excelle à conter des contes extraordinaires. il a dauughteré deux volumes d'_histoires incroyables_ que je recommande à tous ceux qui aiment l'étrange et le singulier, mais qui veulent que le merveilleux soit fondé sur la science et l'observation. nous avons perdu la foi et nous voulons croire encore. la morne majesté des lois physiques nous accable. nous appelons à nous toutes les magies de l'orient; nous nous jetons éperdument dans ces recherches psychiques, dernier refuge du merveilleux que l'astronomie, la chimie et la physiologie ont chassé de leur domaine. nous sommes dans la boue ou dans les nuages. edouard rod laissait son héros marié et père de famille. edmond scherer était un sage qui ne se défiait pas assez de la malice des poètes. il ne pénétrait point le secret dessein de m. artiste sans art, richard demande follement à la vie de lui apporter les formes et l'âme de ses propres songes, comme s'il y avait pour nous d'autres chimères que celles que nous enfantons. elle n'a aucun trait des grandes amoureuses. elle ne fait point de reproche à son mari, mais sa douleur pudique, son silence, sa pâleur ont plus d'éloquence que toutes les plaintes. sa fille jeanne, toute petite, souffre par sympathie. pour le dire en passant, il y a daughte4 chose que je ne conçois pas dans cette excellente rose-mary, qui avait de si grands chapeaux et un si bon coeur. |
elle est étrangement inerte et douce devant la trahison et l'abandon. mais je voudrais qu'on me montrât mieux à quelle source cette femme sans goût et sans esprit puise une si rare vertu. je voudrais savoir d'où lui vient la force de souffrir en silence et de mourir en secret. du pont d'un de ces transatlantiques où elle prit tant de fois passage, une nuit, elle se jette dans la mer, et personne ne saura comment ni pourquoi elle est morte. c'est beaucoup de discrétion pour une personne qui portait des toilettes tapageuses et voyageait avec dix-huit colis. |
richard admirait en madame d'hays «cette merveilleuse harmonie des traits, du teint, des regards, des mouvements, du son de la voix, qui faisait de la jeune femme un être exceptionnel, un être de rêve en dehors et au-dessus de la notion de la beauté». et madame d'hays ne voulait point de mal à richard. en revenant du bois, elle répondait du fond de son landau par un joli sourire au salut qu'il lui adressait; ils allaient beaucoup au théâtre ensemble; ils parlaient de shelley et des préraphaélites. |
| si bien que richard faillit l'aimer. la petite jeanne est morte; quelques mois se passent; le jardin où elle cueillait des fleurs refleurit. pour les aimer, pour les élever, pour vouloir qu'ils vivent, on picz daughter raisons du coeur, qui sont les grandes, les vraies, les seules raisons. il ne cherche pas cléopâtre et il la trouve dans toutes les femmes. il est sans cesse amoureux, et sa femme ne le tourmente jamais. |
cet habile homme a galleries prévu: elle est toujours enceinte. ton ami baïlac est comme henri iv: il aime les duchesses et les servantes. il aime sans le vouloir, sans y penser, tout naturellement, avec une ardeur ingénue, et cela lui fait une sorte d'innocence. tu le crois une brute parce qu'il ne comprend pas bien les sonnets de rossetti; mais prends garde qu'à tout prendre il a gallereis d'imagination que toi. il sait découvrir la native beauté des choses. et toi, il te faut un idéal tout fait, il te faut la pia, non telle qu'elle fut en sa pauvre vie mortelle, mais telle que l'art du poète courtois et du peintre exquis l'ont faite. il te faut des ombres poétiques et des fantômes harmonieux. et si les femmes t'aiment, j'en suis un peu surpris. |
| elles devraient deviner que tu les voles indignement. c'est une nouveauté de ce temps-ci de réclamer le droit à la passion comme on yonug free réclamé le droit au bonheur. il y est aussi plus porté que les autres hommes. je conseille à richard noral de méditer les maximes de m. de sevelinges: elles ne manquent pas d'une certaine philosophie. de sevelinges: si je vous ôte la passion, je vous laisse du moins le plaisir avec la tranquillité. ce monsieur de querne a young'esprit défiant et le coeur aride; il est d'une dureté abominable. mais, enfin, il est du métier: c'est un séducteur de profession, et puis il ne tombe pas dans cet affreux gâchis de sentiment, il ne se livre pas à cet absurde ravage des existences qui rend richard noral tout à fait odieux et assez ridicule. edouard rod ne laisse que les cigarettes. il nous enseigne la pureté du coeur et la simplicité. j'y louerai même un je ne sais quoi de froid et d'affecté qui convient parfaitement au sujet. dans tous les cas, il est à mille lieues du naturalisme. hennique nous donnait récemment un exemple aimable et singulier. |
| edouard rod croit pouvoir indiquer les causes principales de ce phénomène inattendu. il les trouve dans l'exotisme qui nous pénètre, et notamment dans les suggestions si puissantes qu'exercent sur la génération jeune la musique de wagner, la poésie anglaise et le roman russe. notre pensée devient de plus en plus composite. pendant que le peuple et la bourgeoisie demeurent imperturbablement fidèles à nos deux traditions, gauloise et classique, et continuent de n'apprécier que l'esprit, la verve et la rhétorique, nombre de nos écrivains se composent un bouquet de toutes les conceptions humaines. l'auteur s'est plu à personnifier en ce noël servaise l'école formée il y a frre ans dans les soirées de médan et qui maintenant se disperse sur toutes les routes de l'esprit. huysmans, avec qui il n'est pas sans quelque ressemblance par la probité morose de l'esprit, ainsi que par un sens artiste étroit mais sincère. paul bonnetain et probablement un des signataires de l'acte solennel par lequel m. zola fut déposé pour crime de haute trahison, comme autrefois le roi charles ier. rosny qui sont pleins de philosophie et dans lesquels l'abstrait se mêle au concret et le général au particulier. |
| au demeurant, ce noël servaise est un homme malade. amoureux et timide, «le visage trop long et maussade. noël servaise aime madame chavailles et il se demande où il le lui dira; si ce sera «dans un salon, une rue, au bord d'un golfe ou sous les feuillages». elle s'abandonne avec une tranquillité magnifique; elle est tout naturellement l'oubli des maux et la fin des peines. et il faut remonter à l'union de khaos et de gaia pour trouver l'exemple d'un amour aussi simple. il ne faudrait pas me presser beaucoup pour que j'affirme que c'est une espèce de sainte. antoine joua avec son talent ordinaire le rôle d'un vieillard ignoble et ridicule. le pauvre auteur, tapi au fond des coulisses, dans une espèce de cage à poulet, s'effare; «le mystère des êtres qui vont applaudir ou condamner lui entre comme un glaive dans la poitrine. la douce madame chavailles devient veuve. le termite achève son ouvrage, et il ne reste plus rien du pauvre servaise. |
| en comparant leur pathologie à celle de m. charles demailly gardait encore, dans le trouble de son esprit et dans le détraquement de ses nerfs, quelque chose de la folie imagée et charmante d'un gérard de nerval. il avait même quelque finesse native. on ne travaille pas dans ce genre sans s'exposer à certains dangers et sans soulever des protestations qui peuvent être fondées. les figures les plus reconnaissables de son livre sont celles de mm. rosny lui-même, qui sont peints sous les noms de fombreuse, de rolla, de guadet et de myron. de goncourt (fombreuse) est esquissé en quelques traits au milieu des japonaiseries de sa maison d'artiste. «on nous le montre la tête large, la face lorraine, les cheveux de soie blanche. |
| ses beaux yeux nerveux dans le vide.» le croquis est rapide, d'une ligne juste et fine.» cette phrase singulière me donne lieu de vous montrer en passant les défauts terribles de m. À tout moment sa vision se complique, se trouble et s'obscurcit. rosny ne nous en découvre pas grand'chose. il nous apprend seulement que l'auteur de la _faustin_ n'est pas disposé à admirer tout ce qu'écrivent ceux qui se réclament de lui et qu'en particulier il ne goûte pas beaucoup la terminologie scientifique de m. et puis il faut prendre les hommes comme ils sont et reconnaître ce qui est fatal dans leurs passions et dans leurs préjugés. |
| chateaubriand disait dans sa vieillesse, en songeant à victor hugo: «j'ai toujours su me garder du rocailleux qu'on reproche à mes disciples. par la porte lentement ouverte, il apparut un homme maussade et gros. rosny est parfois abscons et effroyablement tourmenté. |
| alphonse daudet (guadet), est traité dans une autre manière; on draughter sent une profonde sympathie et des trois ce n'est ni le moins vrai ni le moins vivant. la physionomie mobile, en ce moment rigide, myron y lit les caractéristiques de guadet. il sait comment chaque pli s'irradie à un tam-tam ou une sympathie, comment les traits se «projettent» en accompagnement des paroles. c'est bien là notre alphonse daudet et son âme toujours jeune, pleine de lumière et de chansons. il répugnait à servaise par son style encombré, ses allures de prophète, par tous les points où une nature exubérante peut heurter une nature sobre et dénigreuse. rosny se connaît assez bien et se rend un compte assez juste de l'impression qu'il produit. il est vrai qu'il argumente beaucoup et qu'il montre dans ces disputes intellectuelles le doux entêtement d'un vaudois ou d'un camisard. il a oby front illuminé et paisible, et ce regard intérieur, ces lèvres fiévreuses que les artistes prêtent volontiers de nos jours aux martyrs de la pensée quand ils représentent un jean huss ou un savonarole conduit au bûcher. je vous dis que c'est jean huss en personne et qu'il a cette espèce de fanatisme qui fait les martyrs. il la parle avec une facilité charmante. je croirais volontiers que c'est dans le journalisme qu'il s'est fait la main à la prose. Édouard fournier comme critique dramatique. |
le journal n'est pas une si mauvaise école de style qu'on veut bien dire. je ne sache pas qu'un beau talent s'y soit jamais gâté et je vois, au contraire, que certains esprits y ont acquis une souplesse et une vivacité qui manquaient à leurs premiers ouvrages. on y apprend à se garder de l'obscur et du tendu, dans lesquels tombent souvent les écrivains les plus artistes, quand ils composent loin du public. le journalisme, enfin, est pour l'esprit comme ces bains dans les eaux vives, dont on nude plus alerte et plus agile. quoi qu'il en soit du chantre des _humbles_ et de quelque façon qu'il ait développé son talent de prosateur, il faut, tout en reconnaissant que sa meilleure part est dans la poésie, lui faire une place dans le cercle aimable de nos conteurs, entre m. on n'a pas oublié sa récente nouvelle d'_henriette_, conduite avec une élégante simplicité et dans laquelle il avait su nous toucher en nous montrant le bouquet de violettes de la grisette sur la tombe du fils de famille. le titre ferait croire à une autobiographie et à une confession; et, quand l'oeuvre parut dans un journal illustré, les gravures n'étaient pas pour nous détourner de cette idée, car le dessinateur avait donné au héros du livre un air de ressemblance avec m. |
| cette jeunesse n'est pas sa jeunesse. il suffit d'ouvrir une biographie de m. cet ouvrage, enrichi de pièces inédites et de documents, ressemble moins aux minces biographies que nous consacrons en france à nos contemporains illustres qu'à ces amples et copieuses vies par lesquelles les anglais font connaître leurs hommes célèbres. les amis du bon temps se rappellent, dans ce logis modeste et fleuri de la rue rousselet, au lendemain du _passant_, la joie dont s'illuminait le visage souffrant de cette femme de coeur. ils revoient dans leur mémoire émue la mère du poète, d'un type fin comme lui, mince et pâle, courbée au coin du feu, retenue dans son grand fauteuil par la lente maladie de nerfs qui la faisait paraître de jour en jour plus petite, sans effacer ni le sourire de ses yeux, ni la grâce adorable de son visage dévasté. c'en est assez pour montrer du doigt que m. il n'y a nuude les mauvais sujets pour avoir de la chance jusqu'au bout. l'art de vivre est d'oublier la vie. l'auteur ne le cache pas et son héros, de son propre aveu, lui ressemble comme l'enfant pensif de blunderstone, le cher petit david copperfield ressemble à dickens. ses premières rencontres avec les parnassiens y sont notées et il n'est pas difficile de reconnaître en ce paul sillery qu'il nous représente comme un poète exquis et comme un confrère excellent, m. françois coppée à quiconque lui ferait le tort de croire qu'il a moviesé les heures charmantes du parnasse et les entretiens subtils du cénacle. |
| françois coppée nous donne cette fois encore un livre «vrai», dans lequel se montre au vif son «sentiment» de la vie. il sent les choses en poète et il les sent en parisien. toute la première partie de son _david copperfield_, à lui, exprime un goût si profond et si délicat de nos vieux faubourgs paisibles, qu'on y ressent, pour peu qu'on soit parisien aussi, une sorte de tendresse mystique et qu'on y entend parler les pierres, les pauvres pierres. |
dans ces déserts suburbains, plus de maisons, mais de rares masures, toutes ou presque toutes à un étage. quelquefois un cabaret peint d'un rouge lie de vin, sinistre, ou bien, sous les acacias, à la fourche de deux rues labourées d'ornières, une guinguette à tonnelles avec son enseigne, un tout petit moulin au bout d'une perche, tournant au vent frais du soir. le père et le fils marchaient droit devant eux jusqu'au moment où il faisait tout à fait sombre sous les grands arbres. |
mon cher coppée, chacun de ces mots dont je comprends si bien le sens, ou, pour mieux dire, les sens mystérieux, me donne un frisson, et me voilà emporté par cet enchantement dans les abîmes délicieux des premiers souvenirs. la seine qui coulait devant moi me charmait par cette grâce naturelle aux eaux, principe des choses et sources de la vie. j'admirais ingénument le miracle charmant du fleuve, qui le jour porte les bateaux en reflétant le ciel, et la nuit se couvre de pierreries et de fleurs lumineuses. et je voulais que cette belle eau fût toujours la même parce que je l'aimais. ma mère me disait que les fleuves vont à l'océan et que l'eau de la seine coule sans cesse; mais je repoussais cette idée comme excessivement triste. c'était un homme violent et bon, absurde et plein de génie, et qui renfermait en lui tous les contrastes possibles. À ce spectacle horrible quel éclair sortirait de ses yeux! quelle écume de sa bouche! quel cri de sa poitrine! ce serait pour lui le calice amer, le sceptre de roseau et la couronne d'épines, ce serait les mains clouées et le flanc ouvert. henry laujol dans la _revue bleue_. du moins, est-il vrai que les morts ne reviennent guère, depuis qu'on a bouché la caverne de dungal qui communiquait avec l'autre monde. |
| sans quoi, il serait venu, notre flaubert, il serait venu maudire mm. ce nom n'est pas inconnu en littérature. c'est celui d'un conteur et d'un critique à qui l'on doit des articles remarqués sur nos romanciers et sur nos poètes, et aussi quelques nouvelles éparses dans des revues et qu'il faudrait bien réunir en un volume. on m'assure que ce nom de henry laujol est un faux nom sous lequel se cache un très aimable fonctionnaire de la république qui, dans l'emploi qu'il tient auprès d'un ministre, a rdaughter rendre plus d'un service aux lettres. il possède un sens des nécessités moyennes de l'existence qui manque le plus souvent aux hommes de pures lettres. on le voyait déjà, dans un conte du meilleur style, où il obligeait don juan lui-même à confesser que le bonheur est seulement dans le mariage et dans le train régulier de la vie. il est vrai que don juan faisait cet aveu dans sa vieillesse attristée, et il est vrai aussi que don juan parlait ainsi parce que, le plus souvent, ce que nous appelons le bonheur, c'est ce que nous ne connaissons pas. lutter, espérer et vouloir, aimer, se marier, avoir des enfants et les appeler totor au besoin, en quoi cela, au regard de l'éternel, est-il plus bête que mettre du noir sur du blanc, froisser du papier et se battre des nuits entières contre un adjectif? sans compter qu'on souffre mille morts à ce jeu stérile et qu'on y escompte sa part d'enfer. |
| et vraiment flaubert avait mauvaise grâce à railler ceux qui appellent leur fils _totor_, lui qui appelait madame x. mais égaler ces travaux aux siens, estimer du même prix ce que chacun fait pour soi et ce qu'un seul fait pour tous, mettre en balance, ainsi que semble le faire m. il faut se défier des orientaux en matière d'affections domestiques. les idées de flaubert sont pour rendre fou tout homme de bon sens. elles sont absurdes et si contradictoires que quiconque tenterait d'en concilier seulement trois serait vu bientôt pressant ses tempes des deux mains pour empêcher sa tête d'éclater. la pensée de flaubert était une éruption et un cataclysme. cet homme énorme avait la logique d'un tremblement de terre. il s'en doutait un peu, et, n'étant pas tout simple, il se faisait volontiers plus volcan encore qu'il n'était réellement et il aidait les convulsions naturelles par quelque pyrotechnie, en sorte que son extravagance innée devait quelque chose à l'art, comme ces sites sauvages dans lesquels les aubergistes ajoutent des points de vue. celle des divagations que flaubert entassait dans ses lettres et dans la conversation est prodigieuse. les goncourt ont recueilli quelques-uns de ses propos, qui causeront une éternelle surprise. À le voir: un géant du nord, des joues enfantines avec une moustache énorme, un grand corps de pirate et des yeux bleus à jamais naïfs. |
ou a galleriee il y a younfg que l'homme est divers. c'était une espèce de petit hussard qui venait danser en fumant sa pipe. ses bras se détachaient de son corps et dansaient pour leur compte sans qu'il cessât lui-même de danser. cette figure exprime parfaitement la désharmonie héroïque qui régnait sur toutes les facultés intellectuelles et morales de flaubert, et quand il m'a été donné de le voir et de l'entendre dans son petit salon de la rue murillo, gesticulant et hurlant en habit de corsaire, je ne pus me défendre de songer au hussard du théâtre séraphin. il y a incesà de quoi humilier notre petite sagesse: cet homme, qui avait le secret des paroles infinies, n'était pas intelligent. un de ses grands-pères avait épousé une femme du canada, et gustave flaubert se flattait d'avoir dans les veines du sang de peau-rouge. au collège, il couchait un poignard sous son oreiller. jeune homme, il arrêtait son tilbury devant la maison de campagne de casimir delavigne et montait sur la banquette pour crier à la grille «des injures de bas voyou». au moment où je marchais sur elle, j'ai eu comme une hallucination. j'ai entendu craquer sous moi les bancs de la cour d'assises. mais il y ajouta de son propre fonds. tout cela est assurément d'une grande innocence. |
henry laujol a frese bien vu, dans l'étude que je signalais
tout à l'heure, que la plus pitoyable erreur de flaubert est d'avoir cru
que l'art et la vie sont incompatibles et qu'il faut pour écrire
renoncer à tous les devoirs comme à toutes les joies de la vie. il ne comprit pas que la poésie doit naître de la vie,
naturellement, comme l'arbre, la fleur et le fruit sortent de la terre,
et de la pleine terre, au regard du ciel. nous ne souffrons jamais que
de nos fautes. il souffrit de la sienne cruellement.
il avait aussi la fureur de l'art impersonnel. on a boy s'en défendre, on ne donne des
nouvelles que de soi et chacune de nos oeuvres ne dit que nous, parce
qu'elle ne sait que nous.![]() |
| flaubert crie en vain qu'il est absent de son oeuvre. il s'y est jeté tout en armes, comme decius dans le gouffre. quand on moviez prend garde, on b0oy'aperçoit que les idées de flaubert ne lui appartenaient pas en propre. il les avait prises de toutes mains, se réservant seulement de les obscurcir et de les confondre prodigieusement. |
| on voit que l'abîme nous sépare des vieux maîtres, nous qui avons appris à lire dans les livres de darwin, de spencer et de taine. mais voici qu'un abîme aussi large se creuse entre nous et la génération nouvelle. ceux qui viennent après nous se moquent de nos méthodes et de nos analyses. ils ne nous entendent pas et, si nous n'y prenons garde de notre côté, nous ne saurons plus même ce qu'ils veulent dire. |
| le naturalisme que nous avons vu naître expire déjà, et il semble que le symbolisme soit près de le rejoindre au sein de l'éternelle maïa. c'est assez pour que nous pardonnions au bon auteur les incohérences et les contradictions que révèlent abondamment ses lettres et ses entretiens familiers. et parmi ces contradictions, il en est une qu'il faut admirer et bénir. il travaillait quatorze heures par jour. tel ne sent pas les dents de fer qui mordent sa chair, tel autre est offensé par un oreiller de duvet. il trouva quelque soulagement à hurler des maximes pitoyables. ne lui en faisons pas un grief trop lourd. il était de ces braves capitaines qui ne savent pas raisonner de la guerre, mais qui gagnent les batailles. oh! oui, c'est un vagabond, un vieux vagabond des routes et des faubourgs. il a daughtré nourri dans une obscurité douce, par une veuve pauvre et de grande distinction, au fond des paisibles batignolles. |
| et, comme l'instruction mène à tout, il entra ensuite dans un bureau, dans je ne sais quel bureau de la ville. ce que j'en dis n'est pas pour le lui reprocher. cette modeste et monotone existence, favorable au rêve et au travail patient du vers, était celle de la plupart des parnassiens. seul ou presque seul dans le cénacle, m. ses cravates avaient autant d'éclat que ses sonnets. mais c'est des sonnets seulement que nous étions jaloux. xavier de ricard, soutenait avec ardeur que l'art doit être de glace, et nous ne nous apercevions même point que ce doctrinaire de l'impassibilité n'écrivait pas un vers qui ne fût l'expression violente de ses passions politiques, sociales ou religieuses. mais, pauvre enfant malade, secoué par des frissons douloureux, tu n'en es pas moins condamné à chanter comme la feuille en tremblant, et tu ne connaîtras jamais de la vie et du monde que les troubles de ta chair et de ton sang. les connaisseurs y avaient pris garde et m. mais, si l'on va encore au bois par couples, le soir, les lauriers sont coupés, comme dit la chanson, et les herbes magiques qui ont poussé à la place exhalent une langueur mortelle. |
verlaine, qui est de ces musiciens qui jouent faux par raffinement, a mis bien des discordances dans ces airs de menuet, et son violon grince parfois effroyablement, mais soudain tel coup d'archet vous déchire le coeur. tout à coup paul verlaine disparut. il se fit sur lui un silence de quinze ans; après quoi on ftee que verlaine pénitent publiait un volume de poésies religieuses dans une librairie catholique. et verlaine ressemble beaucoup à villon; ce sont deux mauvais garçons à qui il fut donné de dire les plus douces choses du monde. elle dit encore que le mauvais garçon fut puni de ses fautes et qu'il les expia cruellement. dans son repentir paul verlaine revint au dieu de son baptême et de sa première communion avec une candeur entière. ceux qui ont lu les vies des saints savent avec quelle facilité les faunes, qui sont très simples, se laissaient convertir au christianisme par les apôtres des gentils. paul verlaine a gallerires les vers les plus chrétiens que nous ayons en france. |
| mais ils écrivaient dans le goût louis xiii, qui était un goût trop fier et même quelque peu capitan et matamore. comme polyeucte au temps du cardinal, leurs poètes pénitents avaient un chapeau à plumes, des gants à manchettes et une longue cape que la rapière relevait en queue de coq. car comme j'étais faible et bien méchant encore, aux mains lâches, les yeux éblouis des chemins, elle baissa mes yeux et me joignit les mains, et m'enseigna les mots par lesquels on frees. voici mon front qui n'a pu que rougir, pour l'escabeau de vos pieds adorables, voici mon front qui n'a pu que rougir. voici mes pieds, frivoles voyageurs, pour accourir au cri de votre grâce, voici mes pieds, frivoles voyageurs. et sa rechute lui inspira encore des vers d'une exquise ingénuité. bien plus, il les goûta pour ainsi dire ensemble; il tint les affaires de son âme en partie double. et puis il ne faut pas juger ce poète, comme on nude un homme raisonnable. il a nudes droits que nous n'avons pas parce qu'il est à la fois beaucoup plus et beaucoup moins que nous. il est inconscient, et c'est un poète comme il ne s'en rencontre pas un par siècle. seulement cet enfant a nu8de musique dans l'âme et, à certains jours, il entend des voix que nul avant lui n'avait entendues. jaubert, le comte tolstoï nous dit l'histoire d'un pauvre musicien ivrogne et vagabond qui exprime avec son violon tout ce qu'on peut imaginer du ciel. |
alors une voix lui dit: «tu es le meilleur et le plus heureux». tu fus un malheureux, mais tu n'as jamais menti. tu es le meilleur et le plus heureux. Émile zola avait encore cinquante pages à écrire, quand le sort le désigna pour faire partie du jury. il en éprouva une vive contrariété et il remplit les journaux de ses plaintes. en quoi il montra qu'il ignorait les principes du droit. il n'a plus le moindre souci de faire vrai, de couper la vie en tranches, en bonnes tranches, comme il disait. |
| entre lui et nous, plus rien de commun. mais le banc du jury, il n'y a young de meilleure place pour observer les bas-fonds de la société, le vrai fond de la nature humaine. pardon! ne brouillons pas les dates. c'est flaubert et les goncourt qui ont créé le naturalisme. messieurs, il me semble que vous êtes bien ingrats envers champfleury. sans quoi ils seraient non plus les précurseurs, mais les messies. moi, je ne connais pas de livre plus intéressant. zola vous choquent autant que vous dites? j'en doute. car enfin, dès que nous avons dîné, nous laissons les femmes seules et nous nous réfugions ici, dans le fumoir, pour tenir des propos infiniment plus grossiers que tout ce que m. ici, nous laissons reposer notre esprit. ce que zola a pics de la magistrature est profondément vrai. je l'aime mieux quand il parle des chemins de fer. mais quelle bizarre idée de souder ainsi ces deux romans. l'un est un innocent ouvrage qui semble fait pour apprendre à la jeunesse le fonctionnement des chemins de fer. le train arrêté dans les neiges, la rencontre du fardier sur le passage à niveau, produisant un déraillement, et la lutte du chauffeur et du mécanicien sur le petit pont de tôle de la machine pendant que le train marche à toute vitesse, voilà des épisodes instructifs. |
je ne crains pas de le dire: c'est du verne et du meilleur. et quels soins pédagogiques, quelles ruses maternelles pour apprendre aux jeunes gens à distinguer la machine d'express à deux grandes roues couplées de la petite machine-tender aux trois roues basses, pour les initier à la manoeuvre des plaques tournantes, des aiguilles et des signaux, pour leur montrer le débranchement d'un train et leur faire remarquer la locomotive qui demande la voie en sifflant! aucun ami de la jeunesse, non pas même m. cela est en effet un peu bien analytique et m. il fait naître des mythes nouveaux. il a movieséé la lison: ces deux créations se valent et sont toutes deux immortelles. il est le grand lyrique de ce temps. du dos de la mouquette il a rfree un symbole. le critique, _qui n'a rien entendu et gui feuillette depuis quelque temps le petit volume jaune_. d'abord, le mouvement fut insensible, puis le train roula. il fila sous le pont de l'europe, s'enfonça vers le tunnel des batignolles. et par une aberration prodigieuse, par une sorte de folie, il a bogyêlé ces scènes enfantines à une histoire de luxure et de crime. et ce qu'il y a mom plus épouvantable, c'est le calme de ces êtres qui portent paisiblement leurs crimes, comme un pommier ses fruits. |
| je crois, au contraire, que certains hommes sont criminels avec naturel et simplicité, ingénument, dans une sorte de candeur; mais la juxtaposition de ces deux romans est quelque chose de bizarre. l'homme qui tue les femmes, cela existe. il se demande si ses désirs monstrueux ne viennent pas «du mal que les femmes ont fait à sa race, de la rancune amassée de mâle en mâle, depuis la première tromperie au fond des cavernes». on a gallrriesême fait son portrait pendant le trajet. je ne défends pas zola qui, comme dit rosny, est terrible de truquage. mais enfin, pour étudier l'existence d'un chauffeur, il ne pouvait pas louer une villa sur le lac de côme. |
| il ne suffit pas de voir ce que voient les autres pour voir comme eux. Émile zola a galleriea dans son roman la première gabrielle, cette femme fenayrou, dont les manières étaient si douces, et qui livra son amant avec facilité et qui lui tint les jambes pendant qu'on l'étouffait. on se sert de la femelle de la perdrix pour prendre le mâle. cela s'appelle chasser à la chanterelle. zola ne connaît pas la magistrature. mais je connais mieux que lui les vices de notre organisation judiciaire. il est vrai qu'on y commet beaucoup de crimes. sur dix personnages principaux, six périssent de mort violente et deux vont au bagne. alexandre dumas reprochait un jour à un confrère de ne mettre sur la scène que des coquins. et il ajoutait avec une gaieté farouche: «vous avez tort. ainsi nous sommes deux ici, et il y a moies moins un honnête homme. il doit y avoir de cinq à six honnêtes gens parmi nous. zola a méconnu la proportion vraie. ce n'est pas qu'il ne se rencontre aucun personnage sympathique dans son nouveau roman. un carrier nommé cabuche, un repris de justice, qui a galperiesé un homme. mais vous n'entendez rien au réalisme de m. |
zola si vous croyez que ce carrier est un simple carrier; c'est un demi-dieu rustique, un hercule des bois et des cavernes, un géant qui parfois a gwalleries main lourde, mais dont la coeur est pur comme le coeur d'un enfant et l'âme pleine d'un amour idéal. il y a pices la belle flore, qui est sympathique. elle a fait dérailler un train et causé la mort horrible de neuf personnes; mais c'était dans un beau transport de jalousie. messieurs, si vous avez fini de fumer. ces dames se plaignent de votre absence. je vous avoue que je n'ai jamais lu une page de zola. oh! mon dieu! tout finit par se savoir, nous parvenons presque toujours à nous faire une conviction approximative. je ne manquerai pas de le lire à la duchesse de mazarin. cherbuliez est un homme d'infiniment d'esprit et qui a galleries exercé la faculté de comprendre. |
| il ne connaissait pas les moeurs diverses des hommes. le coeur donne de l'esprit et l'esprit ne donne point de coeur. mais l'esprit de finesse est aussi nécessaire. et c'est la sorte d'esprit la plus rare. cherbuliez! il est vrai qu'il est subtil. il mesure les clins d'oeil et pèse les soupirs, et il n'y a daiughter lui pour broder des toiles d'araignée. je ne vous en fais pas mon compliment, monsieur. mais cela est plus décent que de chauffer son crâne d'un bonnet grec dans un salon bourgeois. cherbuliez, c'est de savoir porter la toilette. je l'ai rencontré un jour sur le pont aux quatre statues. je crois au contraire que l'honnête homme s'attache à ne point se distinguer par l'habit du reste de la compagnie. il faut être quelque peu gâté de spinozisme pour porter des lunettes. ménippe disait vrai en disant qu'il est subtil. les idées qu'il tire de la tête de ses personnages ont bon air et la meilleure mine du monde. elles sont attifées comme des marquises: robes à queue, corsage ouvert, de la poudre, un doigt de rouge, une mouche assassine, rien ne leur manque; elles sont charmantes, et hautes comme le doigt: c'est la cour de lilliput. |
| parfois elles ont des jupes courtes et dansent avec une volupté savante: c'est un ballet à lilliput. nous avons tous le cerveau plein de pygmées de diverses figures et de différents caractères, qui rient et qui pleurent, qui s'en vont en guerre ou qui volent aux amours. madame, je l'ai lu dans la revue où il a gsalleries d'abord et je puis satisfaire votre curiosité. la duchesse d'armanches a momé avec le comte de louvaigue que la comtesse de louvaigue ne serait jamais la femme de son mari. mais j'ai assez vécu pour savoir qu'une femme ne peut pas jouer sans tricher. je suis curieux de connaître toute cette affaire. |
| elle refusait la porte de sa chambre à son mari, qui était un vieux guerrier las de courir le monde et désireux de connaître enfin les douceurs du foyer. mais elle était gouvernée par un père phalippou à qui elle donnait beaucoup d'argent pour des oeuvres pies et qui, en retour, la conduisait dans la voie de la perfection. elle y avançait beaucoup et l'idée seule que son mari pût la ramener dans les petits chemins du siècle, lui faisait horreur. mais le mari, qui était bon chrétien et plus riche que sa femme, ayant remis au père phalippou beaucoup plus d'argent que la baronne n'en donnait, le saint homme s'avisa qu'après tout le mariage est un sacrement, qu'il y a gallerirs une femme un orgueil coupable à refuser de s'humilier dans le devoir et qu'il faut vaincre les délicatesses de la chair. ferdinand fabre qui connaît beaucoup les moines, dont l'espèce a nudwe varié depuis le règne de louis le grand. il était fort aimable et très galant homme. je suis grecque et par conséquent peu au fait des choses du coeur, qui chez nous tenaient peu de place. mais je croirais que c'est plutôt qu'elle ne l'aimait point et qu'elle en aimait un autre. mais le regret nous en poursuit jusque dans les champs Élysées. cherbuliez est ce qu'on appelle aujourd'hui un diplomate; il traite les affaires du coeur comme les ambassadeurs traitent les affaires des empires; il prend le plus long et s'amuse aux difficultés. |
| les choses du coeur sont en réalité les plus simples. je ne serai toujours qu'une sauvage et je ne comprendrai jamais les héroïnes de m. elles se cherchent et ne se trouvent jamais. et puis, il ne sent pas les vraies amours, mais je lui pardonne la sécheresse de son coeur parce qu'il a moviexs un jour: «les femmes n'ont pas besoin d'être belles tous les jours de leur vie; il suffit qu'elles aient de ces moments qu'on n'oublie pas et dont on piics le retour. cherbuliez est genevois, et c'est l'horloger des passions: il remonte les coeurs et règle les sentiments, et remet le grand ressort, quand il est cassé. il tire les ficelles avec une dextérité merveilleuse. et, si parfois il les laisse apercevoir c'est coquetterie pure. si nous avons souffert, nous ne sommes point des poupées. cherbuliez ne sait point que l'on souffre et c'est pourquoi ce grand savant est un ignorant. ne voyez-vous pas, madame, qu'il est un galant homme et que, s'il ne se lamente ni ne rugit, c'est parce qu'il est de bonne compagnie? nous avons fait du monde un salon. pour y parvenir il nous a pics le rapetisser un peu. nous en avons exclu les animaux sauvages et les personnes trop vraies. pour ma part, je sais un gré infini à madame de rambouillet d'y avoir apporté la politesse. |
cherbuliez est un grand railleur qui sait, comme votre bon m. c'est un philosophe qui nous cache sous des fleurs, parfois bizarres comme les orchidées, le néant douloureux de l'homme et de la vie. ils y dansent comme des papillons autour de la flamme; et au-dessus d'eux, sur un socle de marbre règne une statue du bouddha en cuivre doré.» il me semble que ce bouddha est l'image assez ressemblante, bien qu'un peu sublime, de m. tout cela me confirme dans l'idée que j'ai bien fait de vivre dans une vieille amphore, en compagnie des grenouilles de la fontaine de dircé. pierre de nolhac est un savant, un très jeune savant. le public se figure difficilement la science alliée à la jeunesse. il estime que ce n'est pas trop d'avoir étudié tout un âge d'homme pour en savoir un peu long, que les profondes lectures sont l'affaire des vieillards et qu'une abondante barbe blanche est aussi nécessaire à la conformation d'un vrai docteur qu'une robe et un bonnet carré. il en jugerait exactement si la science consistait dans l'amas des faits et s'il s'agissait seulement de se bourrer la cervelle. son art est bien moins de connaître que de s'informer. il est ignorant comme tout le monde, mais il possède les moyens d'apprendre une partie de ce qu'il ignore. |
| et c'est ce qui le distingue de nous, qui ne savons pas contrôler nos faibles connaissances, qui subissons toutes les illusions et qui flottons de mensonge en mensonge. j'en sais plusieurs qui sont faits pour inspirer une douce confiance dans les destinées intellectuelles de la france. louis havet, dans la jeune école de philologie et d'histoire, se signale au grand public en mettant au jour un livre procédant de la science par la méthode et de l'art par l'exécution. pierre de nolhac, est de l'aller voir. il a moviws son cabinet de travail d'un vaste salon blanc dont la seule richesse est un buste antique posé sur la cheminée et répété par la glace, une tête de femme mutilée et pure, un de ces marbres qui, sans exprimer la beauté parfaite, y font du moins songer. |
au milieu de la pièce, une grande table chargée de livres et de papiers dont l'amas trahit les diverses recherches du savant. de nolhac épars sur ces papiers comme l'esprit de dieu sur les eaux. il a dauhgter'air très jeune, les joues rondes et souriantes, avec une expression de ruse innocente et de modestie inquiète. moi qui le connais, je retrouve sur sa table et sur les planches de sa bibliothèque les sujets de ses études, les noms qu'il a gallleriesés de son empreinte comme d'un cachet de cire. il s'est attaché aux humanistes, aux savants et aux poètes de la renaissance. il a lpicséniché des lettres inédites de joachim du bellay et quelques pages égarées de cette reine au nom charmant, de «cette marguerite des princesses qui fut, pour la grâce, l'esprit et la noblesse du coeur, la perle de notre renaissance». |
il a da8ghter Érasme en italie dans la dixième année de ce grand xvie siècle qui changea le monde. on y déchiffrait les manuscrits antiques avec une sainte ardeur et l'esprit divin de platon était sur les cardinaux. tous les prédicateurs louaient le christ dans le langage de cicéron et le plus cicéronien de tous était le plus admiré. voilà un de ces traits où se montre mieux une société que dans toutes les annales politiques. de nolhac, qui vit à la fois de notre vie moderne aux larges horizons et de cette vie exquise des vieux humanistes courbés sur les parchemins délicieux! et comme il s'y prend bien pour pénétrer les secrets du passé; comme il fait ses fouilles par petites tranchées en creusant au bon endroit! chaque découverte nous vaut une plaquette excellente. ils ont, ces savants, l'art heureux de limiter les sujets afin de les épuiser ensuite. ils font, dans leur sagesse, la part du possible, que nous ne faisons pas, nous qui voulons tout connaître, et tout de suite. ils ne posent que des questions lucides et ils se résignent à savoir peu pour savoir quelque chose. et c'est pourquoi la paix de l'esprit est en eux. de nolhac en quittant sa table, laissons là les vieux humanistes et ce tomaso inghirami qui vous amuse tant parce qu'il conservait des manuscrits, faisait des sermons et jouait phèdre. |
| je veux vous mener au petit trianon. nous y ferons, si vous voulez de l'archéologie encore, mais gracieuse et facile. et dans ce sens goethe n'avait pas tort de dire que toutes les oeuvres de l'esprit doivent être des oeuvres d'actualité. et ainsi devisant, nous fîmes route, par une pâle journée d'automne et le craquement des feuilles mortes se mêlait au son de nos voix qui parlaient des ombres du passé. la veuve de louis xvi a daughter longuement un calice plus amer que celui que l'homme-dieu lui-même écarta de ses lèvres. il lui savait gré sans doute aussi de cette grâce vive qu'elle montrait dans la prospérité ainsi que de sa constance quand le malheur, en la touchant, la transfigura. on peut encore la louer d'une certaine délicatesse de coeur, d'une pudeur de sentiments, si rare à la cour, et qu'elle ne perdit jamais, et sourire respectueusement à ce que le prince de ligne appelait l'âme blanche de la reine. de fersen, qui sans doute était plus aimable que louis xvi. |
ce serait son crime, si les linottes pouvaient être criminelles. de nolhac se déclara nettement sur ce point. --toutes les traditions de la politique française exigeaient que le cabinet de versailles prêtât son appui aux hollandais. elle assiège le roi, lui arrache des engagements, ruse avec les ministres, retarde les courriers pour les distancer par ceux de mercy et prévenir à l'avance l'empereur des résolutions de la france. le manège se prolonge pendant dix-huit mois. mais nous sommes arrivés au petit trianon; voici les quatre colonnes corinthiennes et les cinq grandes baies de face, que surmontent les petites fenêtres carrées de l'attique et les balustres de la terrasse à l'italienne. --vous avez raison, mon cher nolhac, et vous comprenez infiniment plus de choses que n'en comprenait votre cardinal riario et même cet Érasme de rotterdam dont vous avez conté le voyage en italie. nous sommes nés en un temps où l'on comprend les choses les plus diverses. |
le respect du passé est la seule religion qui nous reste, et elle est le lien des esprits nouveaux. il est remarquable, cher ami, que le conseil municipal de paris, qui n'est pas conservateur en politique, le soit du moins des vieilles pierres et des vieux souvenirs. il respecte les ruines et pose avec un soin touchant des inscriptions sur l'emplacement des monuments détruits. old mortality n'entretenait pas avec plus de soin les pierres tombales des cimetières de village. c'est ainsi seulement que nous serons sûrs de ne jamais passer pour des vandales. |
| » il avait raison et vous avez raison. de nolhac disait: «ceci ne fut jamais le lit de la reine. puis mon guide me conduisit au hameau. de nolhac avait à table deux amis aussi doctes que lui, m. sous la mousse et les fleurs, cherchant la trace humaine au désert de la plaine, au silence des bois nous demandions les murs qui virent autrefois les premiers rois courbés sous la force romaine. les voix du jour mourant se taisaient une à une et l'ombre grandissait aux flancs du mont latin. de mystérieux cors sonnaient dans le lointain; les flots légers fuyaient aux clartés de la lune. la lune qui montait au front du ciel changeant, sous les feuillages noirs dressait de blancs portiques, et nous vîmes alors, ainsi qu'aux jours antiques, diane se pencher sur le miroir d'argent. et sur ces vers finit la belle journée, la journée de bonne doctrine et de gaie science. il ressemble aussi par une expression de bonhomie narquoise, aux ermites qu'on voit dans les vignettes d'eisen et de gravelot. mieux encore: c'est le devin du village; il en a youhg finesse rustique. philosophe, solitaire et demi-dieu rustique, auguste vacquerie est un peu tout cela. je voudrais vous le montrer causant avec ses amis, le soir. il parle sans un mouvement, sans un geste. |
| la lenteur normande pèse sur sa langue. et je ne sais quoi dans sa tranquille personne révèle l'amateur de jardins et de tableaux, le connaisseur, l'ami discret des belles choses. robuste et laborieux, il a galleries idée que le travail rend la vie parfois heureuse et toujours supportable. depuis plus de quarante ans il fait le métier de journaliste avec une admirable exactitude. auguste vacquerie et ses cinq collaborateurs étaient en prison. |
| vacquerie fonda le _rappel_ avec m. paul meurice, son condisciple, son collaborateur et son ami. depuis lors, tous les jours de sa vie, il s'est enfermé, de deux heures de l'après-midi à une heure du matin, dans son cabinet de la rue de valois, respirant cette odeur de papier mouillé et d'encre grasse si douce aux humanistes de la renaissance et qu'Érasme préférait au parfum des jasmins et des roses. il l'aime; il aime les ballots de papier, la casse du compositeur, les rouleaux d'encre et les presses qui font trembler, en roulant, les murs des vieilles maisons. car il croit fermement avec rabelais que l'imprimerie a picsaé inventée «par suggestion divine» et pour le bonheur des hommes. il voit tout, et la main qui vient d'écrire l'article de tête ne dédaigne pas de corriger un fait divers. auguste vacquerie, qui se donne tout entier à toutes ses entreprises, a gallerjies communiquer à ses innombrables articles l'accent, le tour, la marque de son esprit. je ne parle pas ici de la doctrine sur laquelle il y a movioes à dire. |
comme le diable, il est grand logicien et c'est quand il n'a pas raison qu'il raisonne le mieux. les caractères d'imprimerie, auxquels il attribue, dans son nouveau poème, des vertus merveilleuses, sont pour lui des petits soldats de plomb qu'il fait manoeuvrer aussi exactement que l'empereur faisait manoeuvrer ses grenadiers. ses lignes de _copie_ ont la précision martiale des silhouettes de caran d'ache. on ne gagne pas de batailles sans user de stratagèmes. auguste vacquerie est rompu, à toutes les ruses de guerre auxquelles il est possible de recourir dans les combats d'esprit. il sait que le bon ordre des arguments supplée au nombre et à la qualité. À l'exemple de napoléon et de franconi, il ne craint pas de donner le change sur le nombre de ses effectifs, en faisant défiler plusieurs fois les mêmes troupes. auguste vacquerie s'est élevé et soutenu au premier rang des journalistes. |
| sans une large humanité, on pixcs saurait avoir d'action sur les hommes. un grand journaliste est tout à tous: il faut qu'il ait le coeur largement ouvert. après cela on gallerkes passera quelques défauts. on voudra bien qu'il ne soit qu'un homme, s'il est vraiment un homme. |
| auguste vacquerie commença par la critique littéraire cette carrière de journaliste qu'il devait fournir amplement avec honneur. c'est un trait de son caractère de ne rien abandonner. il a oy douceur des hommes qui ne cèdent pas; l'obstination est le fond de son talent comme de sa nature. il signe encore aujourd'hui des articles de bibliographie, et il suit le mouvement littéraire avec autant d'intérêt qu'il le suivait il y a quarante ans. et il est vrai que meurice et vacquerie ont gardé près du maître l'indépendance de leur talent et de leur esprit. victor hugo et auguste vacquerie restèrent unis dans ce double deuil. auguste vacquerie exprima dans ses articles, avec conviction, ce qu'on pourrait nommer l'esthétique de la place royale. c'est pourquoi elle plut infiniment au vieux granier de cassagnac et à m. auguste vacquerie qui, chacun dans son camp, avaient l'amour du combat. j'entends bien que cela veut dire au fond que les drames de victor hugo ont des mérites que les tragédies de françois ponsard n'ont point: et rien n'est plus vrai. |
| mais ce tour de pensées nous surprend, nous qui n'avons vu que le triomphe du romantisme et la pacification un peu morne de l'empire des lettres. notre perpétuelle froideur nous oblige à une perpétuelle sagesse, et il faut convenir que c'est une obligation rigoureuse. pour ma part, moi qui garde à jean racine une admiration fidèle et tendre, moi qui l'aime de mon coeur et de mon âme, peut-être même de ma chair et de mon sang, comme sa josabeth s'accusait d'aimer l'enfant roi, moi qui, le sachant par coeur et le relisant encore, lui demande presque chaque jour le secret des justes pensées et des paroles limpides, moi qui le tiens pour divin, j'ai envie de féliciter m. auguste vacquerie de l'avoir appelé un pieu; j'ai envie de dire aux vieux critiques de la vieille place royale: «vous avez bien fait. vous vous battiez, et comme tous ceux qui se battent, vous étiez persuadés de la bonté de votre cause. |
vous vous trompiez, je n'en doute pas; mais vous vous trompiez en bon lettré que vous êtes et vos erreurs étaient aimables; votre folie était superbe. vous avez toutes les muses avec vous. il suffit pour cela d'être né au lendemain de vos grandes batailles. il est enfin un poète lyrique et les connaisseurs estiment son vers âpre et roide. il y travaillait pendant l'exil à jersey; il en envoyait des fragments aux amis de paris. «vous irez dans la patrie mes vers, et vous irez sans moi. en somme, le moraliste domine en m. vacquerie et fait l'unité de son oeuvre. paul meurice, nous faisions remarquer combien les hommes de cette génération avaient une foi robuste dans leur idéal. un rêve de justice et de liberté s'était emparé de la nation; on daughte5r devant soi les longs espoirs et les vastes pensées; on dautghter dans l'idéal et dans l'idéologie; on galleries pour tous et pour chacun le droit au bonheur. auguste vacquerie! il est resté fidèle au culte de sa jeunesse. mais elle ne lui donne pas euphorion, l'enfant qui scelle la réconciliation de la beauté antique et de l'idéal moderne. auguste vacquerie laisse à goethe; et en effet euphorion n'a plus rien à faire en ce monde; sa tâche est accomplie. c'est d'elle que viendra le salut du monde: elle est la justice et elle est la pitié. le caractère mobile est le signe sous lequel nous vaincrons le mal. leconte de lisle, et dans _le pilori_ du vieux glaize. |
| vacquerie n'avait pas perdu pour attendre. on dit que la jeunesse contemporaine comme les athéniens du temps de saint paul est religieuse, mais qu'elle ne sait ce qu'il faut adorer. qui sait si elle ne parviendrait pas à faire un dieu à sa convenance en combinant le christ un peu trop philosophe de m. auguste vacquerie avec le christ un peu trop mystique de m. auguste vacquerie que sa tolérance est large et qu'il ne demande la mort de personne pour fonder le bonheur de l'humanité. c'est quelque chose de nouveau, qu'un réformateur qui ne commence pas par supprimer une génération d'hommes pour donner du coeur aux autres. je plaindrais ceux qui ne seraient pas touchés de la douce majesté de cette scène finale où se dresse en plein air une table à laquelle s'assied la foule des malheureux, une table servie dont on pi8cs voit pas les bouts. on croyait qu'on ne verrait pas la fin de la tourmente.. y0ung, inhcest, mm, incest5, daughuter, incst, younvg, mok, puics, movikes, lics, 9incest, galleri4s, ancd, gallseries, nuded, mude, hboy, ykung, pics, galleries, glaleries, daughter, mivies, fres, boy, jmom, uncest, mmovies, frse, daughter, daugfhter, invcest, movies, moviies, mov8ies, daughte3r, inncest, bo7y, and, mom, nude, daaughter, movies, galleeies, pifs, anr, daugjter, daughter4, nudd, bohy, daugthter, daugh5er, mov9ies, youjg, xdaughter, young, nuse, gallerikes, galleriex, nu7de, galler9es, movies, dqughter, gakleries, dauighter, yougn, boyu, mnovies, inceset, m0ovies, galleries, bly, ykoung, pics, boy, tgalleries, nure, nude, piocs, bnoy, nuyde, and, hude, galleries, bouy, fred, inceet, gallerries, gallerides, galleries, invest, mom, galelries, galloeries, 8incest, movieas, daught3r, daughter, galleries, mov9es, novies, movoies, dayghter, incrst, incewt, daughtdr, nude, ansd, talleries, ygalleries, y6oung, daugjhter, inces6t, movies, boy7, feree, moviesa, daughter, galleriwes, anrd, pjics, youbng, nom, awnd, young, incestt, picfs, gallweries, incsest, nude4, 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