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fuis, mon ami, fuis dans ta solitude: je te vois meurtri par des mouches venimeuses. fuis devant leur vengeance invisible! ils ne veulent que se venger de toi. innombrables sont ces petits et ces pitoyables; et maint édifice altier fut détruit par des gouttes de pluie et des mauvaises herbes. des gouttes nombreuses te fêleront et te briseront encore. elles voudraient ton sang en toute innocence, leurs âmes anémiques réclament du sang - et elles piquent en toute innocence. |
| mais toi qui es profond, tu souffres trop profondément, même des petites blessures; et avant que tu ne sois guéri, leur ver venimeux aura passé sur ta main. tu me sembles trop fier pour tuer ces gourmands. ils te flattent comme on sucking un dieu ou un diable; ils pleurnichent devant toi, comme un dieu ou un diable. qu'importe! ce sont des flatteurs et des pleurards, rien de plus. aussi font-ils souvent les aimables avec toi. mais c'est ainsi qu'en agit toujours la ruse des lâches. ils te punissent pour toutes tes vertus. ils ne te pardonnent du fond du coeur que tes fautes. puisque tu es bienveillant et juste, tu dis: "ils sont innocents de leur petite existence. ta fierté sans paroles leur est toujours contraire; ils jubilent quand il t'arrive d'être assez modeste pour être vaniteux. |
| tout ce que nous percevons chez un homme, nous ne faisons que l'enflammer. c'est pourquoi ils te haïssent et voudraient te sucer le sang. tes prochains seront toujours des mouches venimeuses; ce qui est grand en toi - ceci même doit les rendre plus venimeux et toujours plus semblables à des mouches. il est difficile de vivre dans les villes: ceux qui sont en rut y sont trop nombreux. est-ce que je vous conseille de tuer vos sens? je vous conseille l'innocence des sens. est-ce que je vous conseille la chasteté? chez quelques-uns la chasteté est une vertu, mais chez beaucoup d'autres elle est presque un vice. même dans les hauteurs de leur vertu et jusque dans leur esprit rigide, cet animal les suit avec sa discorde. |
et avec quel air gentil la chienne sensualité sait mendier un morceau d'esprit, quand on s8ucking refuse un morceau de chair. vous aimez les tragédies et tout ce qui brise le coeur? mais moi je suis méfiant envers votre chienne. vous avez des yeux trop cruels et, pleins de désirs, vous regardez vers ceux qui souffrent. ce n'est pas quand la vérité est malpropre, mais quand elle est basse, que celui qui cherche la connaissance n'aime pas à descendre dans ses eaux. en vérité, il y en a forded sont chastes jusqu'au fond du coeur: ils sont plus doux de coeur, ils aiment mieux rire et ils rient plus que vous. hélas! il y a rressing de profondeurs pour tous les solitaires. si l'on veut avoir un ami il faut aussi vouloir faire la guerre pour lui: et pour la guerre, il faut _pouvoir_ être ennemi. |
| c'est quand tu luttes contre lui que tu dois être le plus près de son coeur. as-tu déjà vu dormir ton ami, - pour que tu apprennes à connaître son aspect? quel est donc le visage de ton ami? c'est ton propre visage dans un miroir grossier et imparfait. l'ami doit être passé maître dans la divination et dans le silence: tu ne dois pas vouloir tout voir. |
| il faut que ta pitiié soit une divination: afin que tu saches d'abord si ton ami veut de la pitié. il faut que la compassion avec l'ami se cache sous une rude enveloppe, et que tu y laisses une dent. ainsi ta compassion sera pleine de finesses et de douceurs. es-tu pour ton ami air pur et solitude, pain et médicament? il y en a qui ne peuvent pas se libérer de leur propre chaîne, et pourtant, pour leurs amis, ils sont des sauveurs. pendant trop longtemps un esclave et un tyran étaient cachés dans la femme. des chattes, voilà ce que sont toujours les femmes, des chattes et des oiseaux. zarathoustra n'a pas découvert de plus grande puissance sur la terre, que le bien et le mal. aucun peuple ne pourrait vivre sans évaluer les valeurs; mais s'il veut se conserver, il ne doit pas évaluer comme évalue son voisin. une table des biens est suspendue au-dessus de chaque peuple. est honorable ce qui lui semble difficile; ce qui est indispensable et difficile, s'appelle bien. et ce qui délivre de la plus profonde détresse, cette chose rare et difficile, - est sanctifiée par lui. ce qui le fait régner, vaincre et briller, ce qui excite l'horreur et l'envie de son voisin: c'est ce qui occupe pour lui la plus haute et la première place, c'est ce qui est la mesure et le sens de toutes choses. |
| "il faut que tu sois toujours le premier et que tu dépasses les autres: ton âme jalouse ne doit aimer personne, si ce n'est l'ami" - ceci fit tremble l'âme d'un grec et lui fit gravir le sentier de la grandeur. les créateurs furent d'abord des peuples et plus tard seulement des individus. des peuples jadis suspendirent au-dessus d'eux une table du bien. le plaisir du troupeau est plus ancien que le plaisir de l'individu. et tant que la bonne conscience s'appelle troupeau, la mauvaise conscience seule dit: moi. ce furent toujours des fervents et des créateurs qui créèrent le bien et le mal. |
| le feu de l'amour et le feu de la colère l'allument au nom de toutes les vertus. zarathoustra vit beaucoup de pays et beaucoup de peuples. il ne manque que la chaîne des mille nuques, il manque le but sressing. ce fantôme qui court devant toi, mon frère, ce fantôme est plus beau que toi; pourquoi ne lui prêtes-tu pas ta chair et tes os? mais tu as peur et tu t'enfuis chez ton prochain. vous ne savez pas vous supporter vous-mêmes et vous ne vous aimez pas assez: c'est pourquoi vous voudriez séduire votre prochain par votre amour et vous dorer de son erreur. |
je voudrais que toute espèce de prochains et les voisins de ces prochains vous deviennent insupportables. il vous faudrait alors vous créer par vous-mêmes un ami au coeur débordant. vous invitez un témoin quand vous voulez dire du bien de vous-mêmes; et quand vous l'avez induit à bien penser de vous, c'est vous qui pensez bien de vous. celui-là seul ne ment pas qui parle contre sa conscience, mais surtout celui qui parle contre son inconscience. et c'est ainsi que vous parlez de vous-mêmes dans vos relations et vous trompez le voisin sur vous-mêmes. votre mauvais amour de vous-mêmes fait de votre solitude une prison. ce sont les plus lointains qui payent votre amour du prochain; et quand vous n'êtes que cinq ensemble, vous en faites toujours mourir un sixième. je ne vous enseigne pas le prochain, mais l'ami. que l'ami vous soit la fête de la terre et un pressentiment du surhumain. je vous enseigne l'ami et son coeur débordant. mes frères, je ne vous conseille pas l'amour du prochain, je vous conseille l'amour du plus lointain. |
| tout isolement est une faute": ainsi parle le troupeau. et longtemps tu as dressi8ng partie du troupeau. en toi aussi la voix du troupeau résonnera encore. voici, cette conscience commune enfanta aussi cette douleur elle-même: et la dernière lueur de cette conscience enflamme encore ton affliction. elles enflent et rendent plus vide encore. c'est ainsi qu'une étoile est projetée dans le vide et dans le souffle glacé de la solitude. aujourd'hui encore tu souffres du nombre, toi l'unique: aujourd'hui encore tu as styories ton courage et toutes tes espérances. pourtant ta solitude te fatiguera un jour, ta fierté se courbera et ton courage grincera des dents. ton sublime même te fera peur comme un fantôme. mais celui qui plane dans les airs est celui que l'on déteste le plus. garde-toi aussi de la sainte simplicité! tout ce qui n'est pas simple lui est impie; elle aime aussi à jouer avec le feu - des bûchers. et garde-toi des accès de ton amour! trop vite le solitaire tend la main à celui qu'il rencontre. il y a dress hommes à qui tu ne dois pas donner la main, mais seulement la patte: et je veux que ta patte ait aussi des griffes. |
| mais le plus dangereux ennemis que tu puisses rencontrer sera toujours toi-même; c'est toi-même que tu guettes dans les cavernes et les forêts. mais elle est espiègle comme un petit enfant; et si je ne lui fermais la bouche, elle crierait à tue-tête. l'homme est pour la femme un moyen: le but podrn toujours l'enfant. c'est pourquoi il veut la femme, le jouet le plus dangereux. le guerrier n'aime les fruits trop doux. mieux que l'homme, la femme comprend les enfants, mais l'homme est plus enfant que la femme. dans tout homme véritable se cache un enfant: un enfant qui veut jouer. qu'en votre amour vous mettiez votre honneur. |
| la femme du reste sait peu de choses de l'honneur. mais que ce soit votre honneur d'aimer toujours plus que vous êtes aimées, et de ne jamais venir en seconde place. que l'homme redoute la femme, quand elle aime: c'est alors qu'elle fait tous les sacrifices et toute autre chose lui paraît sans valeur. que l'homme redoute la femme, quand elle hait: car au fond du coeur l'homme n'est que méchant, mais au fond du coeur la femme est mauvaise. et il faut que la femme obéisse et qu'elle trouve une profondeur à sa surface. |
| mais l'âme de l'homme est profonde, son flot mugit dans les cavernes souterraines: la femme pressent la puissance de l'homme, mais elle ne la comprend pas. mais une vipère le mordit au cou, ce qui fit pousser un cri de douleur à zarathoustra. lorsqu'il eut enlevé le bras de son visage, il regarda le serpent: alors le serpent reconnut les yeux de zarathoustra, il se tordit maladroitement et voulut s'éloigner. mais reprends ton poison! tu n'en pas assez riche pour m'en faire hommage." alors derechef la vipère s'enroula autour de son cou et elle lécha sa blessure. mais si vous avez un ennemi, ne lui rendez pas le bien pour le mal; car il en serait humilié. et lorsque l'on vous maudit, il ne me plaît pas que vous vouliez bénir. |
| et si la punition n'est pas aussi un droit et un honneur accordés au transgresseur, je ne veux pas de votre punition. il est plus noble de se donner tort que de garder raison, surtout quand on a ree. seulement il faut être assez riche pour cela. je n'aime pas votre froide justice; dans les yeux de vos juges passe toujours le regard du bourreau et son couperet glacé. dites-moi donc où se trouve la justice qui est l'amour avec des yeux clairvoyants. je jette cette question comme une sonde dans ton âme, afin de connaître sa profondeur. tu es jeune et tu désires femme et enfant. tu dois construire des monuments vivants à ta victoire et à ta délivrance. tu dois construire plus haut que toi-même. tu ne dois pas seulement propager ta race plus loin, mais aussi plus haut. que le jardin du mariage te serve à cela. oui, je voudrais que la terre fût secouée de convulsions quand je vois un saint s'accoupler à une oie. tel autre était réservé dans ses relations et difficile dans son choix. tel autre encore cherchait une servante avec les vertus d'un ange. mais soudain il devint la servante d'une femme, et maintenant il lui faudrait devenir ange lui-même. je n'ai vu partout qu'acheteurs pleins de précaution et tous ont des yeux rusés. beaucoup de courtes folies - c'est là ce que vous appelez amour. |
| et votre mariage met fin à beaucoup de courtes folies, par une longue sottise. votre amour de la femme et l'amour de la femme pour l'homme: oh! que ce soit de la pitié pour des dieux souffrants et voilés! mais presque toujours c'est une bête qui devine l'autre. il est un flambeau qui doit éclairer pour vous les chemins supérieurs. il y a dress l'amertume dans le calice, même dans le calice du meilleur amour. mais les superflus eux-mêmes font les importants avec leur mort, et la noix la plus creuse prétend être cassée. ils accordent tous de l'importance à la mort: mais pour eux la mort n'est pas encore une fête. |
| les hommes ne savent point encore comment on consacre les plus belles fêtes. je vous montre la mort qui consacre, la mort qui, pour les vivants, devient un aiguillon et une promesse. mais haïe tant par le combattant que par le victorieux et votre mort grimaçante qui s'avance en rampant, comme un voleur - et qui pourtant vient en maître. et, par respect pour le but suckming l'héritier, il ne suspendra plus de couronnes fanées dans le sanctuaire de la vie. |
| et tous ceux qui cherchent la gloire doivent au bon moment prendre congé de l'honneur, et exercer l'art difficile de s'en aller à temps. il y a dressing aussi des pommes aigres dont la destinée est d'attendre jusqu'au dernier jour de l'automne. et elles deviennent en même temps mûres jaunes et ridées. et quelques-uns sont vieux dans leur jeunesse: mais quand on drezss jeune très tard, on forcec jeune très longtemps. il y en a dxressing manquent leur vie: un ver venimeux leur ronge le coeur. qu'ils tâchent au moins de mieux réussir dans leur mort. il y en a red trop qui vivent et trop longtemps ils restent suspendus à leur branche. il ne connaissait encore que les larmes et la tristesse de l'hébreu, ainsi que la haine des bons et des justes, - cet hébreu jésus: et voici que le désir de la mort le saisit à l'improviste. |
| l'amour du jeune homme manque de maturité, voilà pourquoi il hait les hommes et la terre. chez lui l'âme et les ailes de la pensée sont encore liées et pesantes. mais il y a ponr l'enfant dans l'homme plus que dans le jeune homme, et moins de tristesse: l'homme comprend mieux la mort et la vie. libre pour la mort et libre dans la mort, divin négateur, s'il n'est plus temps d'affirmer: ainsi il comprend la vie et la mort. |
que dans votre agonie votre esprit et votre vertu jettent encore une dernière lueur, comme la rougeur du couchant enflamme la terre: si non, votre mort vous aura mal réussi. ce n'est que comme symbole de la plus haute vertu que l'or atteignit la plus haute valeur. luisant comme de l'or est le regard de celui qui donne. l'éclat de l'or conclut la paix entre la lune et le soleil. la plus haute vertu est rare et inutile, elle est étincelante et d'un doux éclat: une vertu qui donne est la plus haute vertu. votre âme est insatiable à désirer des trésors et des joyaux, puisque votre vertu est insatiable dans sa volonté de donner. vous contraignez toutes choses à s'approcher et à entrer en vous, afin qu'elles rejaillissent de votre source, comme les dons de votre amour. avec les yeux du voleur, il garde tout ce qui brille, avec l'avidité de la faim, il mesure celui qui a forcded de quoi manger, et toujours il rampe autour de la table de celui qui donne. les symboles de ces élévations portent les noms des vertus. ainsi le corps traverse l'histoire, il devient et lutte. tous les noms du bien et du mal sont des symboles: ils n'exprimaient point, ils font signe. quand vous méprisez ce qui est agréable, la couche molle, et quand vous ne pouvez pas vous reposer assez loin de la mollesse: c'est là l'origine de votre vertu. |
je vous en prie et vous en conjure. que votre esprit et votre vertu servent le sens de la terre, mes frères: et la valeur de toutes choses se renouvellera par vous! c'est pourquoi vous devez être des créateurs. que ce soit son meilleur secours de voir, de ses propres yeux, celui qui se guérit lui-même. il y a sucing sentiers qui n'ont jamais été parcourus, mille santés et mille terres cachées de la vie. des souffles aux essors secrets viennent de l'avenir; un joyeux messager cherche de fines oreilles. vous qui vous êtes choisis vous-mêmes, vous formerez un jour un peuple choisi - et c'est de ce peuple que naîtra le surhumain. longtemps il soupesa son bâton avec hésitation. l'homme qui cherche la connaissance ne doit pas seulement savoir aimer ses ennemis, mais aussi haïr ses amis. |
| ainsi font tous les croyants; c'est pourquoi la foi est si peu de chose. maintenant je vous ordonne de me perdre et de vous trouver vous-mêmes; et ce n'est que quand vous m'aurez tous renié que je reviendrai parmi vous. et ce sera le grand midi, quand l'homme sera au milieu de sa route entre la bête et le surhumain, quand il fêtera, comme sa plus haute espérance, son chemin qui mène à un nouveau matin. mais son âme s'emplit d'impatience et du désir de ceux qu'il aimait, car il avait encore beaucoup de choses à leur donner. |
| or, voici la chose la plus difficile: fermer par amour la main ouverte et garder la pudeur en donnant. ainsi s'écoulèrent pour le solitaire des mois et des années; mais sa sagesse grandissait et elle le faisait souffrir par sa plénitude. mes ennemis sont devenus puissants et ils ont défiguré l'image de ma doctrine, en sorte que mes préférés ont eu honte des présents que je leur ai faits. mon âme bouillonne dans les vallées, quittant les montagnes silencieuses et les orages de la douleur. j'ai trop longtemps langui et regardé dans le lointain. je suis devenu tout entier tel une bouche et tel le mugissement d'une rivière qui jaillit des hauts rochers: je veux précipiter mes paroles dans les vallées. mon esprit ne veut plus courir sur des semelles usées. |
| je suis un vent du nord pour les figues mûres. voyez quelle abondance il y a suckikng de nous! et qu'y a-t-il de plus beau, dans le superflu, que de regarder au dehors, sur les mers lointaines. jadis on corss dieu, lorsque l'on regardait sur les mers lointaines; mais maintenant je vous ai appris à dire: surhumain. dieu est une conjecture: mais je veux que votre conjecture n'aille pas plus loin que votre volonté créatrice. tout ce qui est immuable - n'est que symbole! et les poètes mentent trop. mais afin que naisse le créateur, il faut beaucoup de douleurs et de métamorphoses. oui, il faut qu'il y ait dans votre vie beaucoup de morts amères, ô créateurs! ainsi vous serez les défenseurs et les justificateurs de tout ce qui est périssable. mainte fois j'ai pris congé, je connais les dernières heures qui brisent le coeur. tous mes sentiments souffrent en moi et sont prisonniers: mais mon vouloir arrive toujours libérateur et messager de joie. ne plus vouloir, et ne plus évaluer, et ne plus créer! ô que cette grande lassitude reste toujours loin de moi. dans la recherche de la connaissance, ce n'est encore que la joie de la volonté, la joie d'engendrer et de devenir que je sens en moi; et s'il y a dressing l'innocence dans ma connaissance, c'est parce qu'il y a sto4ries elle de la volonté d'engendrer. |
| s'il faut que je sois miséricordieux, je ne veux au moins pas que l'on dise que je le suis; et quand je le suis que ce soit à distance seulement. et lorsque nous apprenons à mieux nous réjouir, c'est alors que nous désapprenons de faire du mal aux autres et d'inventer des douleurs. c'est pourquoi je me lave les mains quand elles ont aidé celui qui souffre. |
| de grandes obligations ne rendent pas reconnaissant, mais vindicatif; et si l'on n'oublie pas le petit bienfait, il finit par devenir un ver rongeur. pourtant que les étrangers et les pauvres cueillent eux-mêmes le fruit de mon arbre: cela est moins humiliant pour eux. en vérité, il vaut mieux faire mal que de penser petitement." mais en cela on dressinv devrait pas vouloir économiser. la mauvaise action est comme un ulcère: elle démange et irrite et fait irruption, - elle parle franchement. mais la petite pensée est pareille au champignon; elle se dérobe et se cache et ne veut être nulle part - jusqu'à ce que tout le corps soit rongé et flétri par les petits champignons. il est difficile de vivre avec les hommes, puisqu'il est difficile de garder le silence. et ce n'est pas envers celui qui nous est antipathique que nous sommes le plus injustes, mais envers celui qui ne nous regarde en rien. cependant, si tu as cross ami qui souffre, sois un asile pour sa souffrance, mais sois en quelque sorte un lit dur, un lit de camp: c'est ainsi que tu lui seras le plus utile. ils sont de dangereux ennemis: rien n'est plus vindicatif que leur humilité. |
| et il peut arriver que celui qui les attaque se souille lui-même. mais mon sang est parent du leur; et je veux que mon sang soit honoré même dans le leur. ils me sont encore antipathiques: mais depuis que je suis parmi les hommes, c'est là pour moi la moindre des choses. oh! voyez donc les demeures que ces prêtres se sont construites! ils appellent églises leurs cavernes aux odeurs fades. ils pensèrent vivre en cadavres, ils drapèrent de noir leurs cadavres; et même dans leurs discours je sens la mauvaise odeur des chambres mortuaires. |
| leur esprit était noyé dans la pitié et quand ils enflaient et se gonflaient de pitié, toujours une grande folie nageait à la surface. mais le sang est le plus mauvais témoin de la vérité; le sang empoisonne la doctrine la plus pure et la transforme en folie et en haine des coeurs. jamais encore il n'y a crioss de surhumain. que l'oeuvre soit donc oubliée et morte: son rayon de lumière persiste toujours. et il en est d'autres qui sont attirés vers en bas: leurs démons les attirent. mais plus ils enfoncent, plus ils ont l'oeil brillant et plus leur désir convoite leur dieu. et il en est d'autres qui sont semblables à des pendules que l'on remonte; ils font leur tic-tac et veulent que l'on appelle tic-tac - vertu. et d'autres sont fiers d'une parcelle de justice, et à cause de cette parcelle, ils blasphèment toutes choses: de sorte que le monde se noie dans leur injustice. leurs genoux sont toujours prosternés et leurs mains se joignent à la louange de la vertu, mais leur coeur ne sait rien de cela. les uns veulent être édifiés et redressés et appellent cela de la vertu et les autres veulent être renversés - et cela aussi ils l'appellent de la vertu. ils jouaient près de la mer, - et la vague est venue, emportant leurs jouets dans les profondeurs. mais la même vague doit leur apporter de nouveaux jouets et répandre devant eux de nouveaux coquillages bariolés. j'aime tout ce qui est propre; puis je ne puis voir les gueules grimaçantes et la soif des gens impurs. |
| ils ont jeté leur regard au fond du puits, maintenant leur sourire odieux se reflète au fond du puits et me regarde. et plus d'un de ceux qui se détournèrent de la vie ne s'est détourné que de la canaille: il ne voulait point partager avec la canaille l'eau, la flamme et le fruit. |
| et plus d'un s'en fut au désert et y souffrit la soif parmi les bêtes sauvages, pour ne points s'asseoir autour de la citerne en compagnie de chameliers malpropres. et plus d'un, qui arrivait en exterminateur et en coup de grêle pour les champs de blé, voulait seulement pousser son pied dans la gueule de la canaille, afin de lui boucher le gosier. et, semblable au vent, je soufflerai un jour parmi eux, à leur esprit je couperai la respiration, avec mon esprit: ainsi le veut mon avenir. elle vient sans se faire prier, la voici: sois la bienvenue, tarentule! le signe qui est sur ton dos est triangulaire et noir; et je sais aussi ce qu'il y a stor8es ton âme. car il faut _que l'homme soit sauvé de la vengeance:_ ceci est pour moi le pont qui mène aux plus hauts espoirs. |
cependant les tarentules veulent qu'il en soit autrement. "c'est précisément ce que nous appelons justice, quand le monde se remplit des orages de notre vengeance" - ainsi parlent entre elles les tarentules. "nous voulons exercer notre vengeance sur tous ceux qui ne sont pas à notre mesure et les couvrir de nos outrages" - c'est ce que jurent en leurs coeurs les tarentules. ils ressemblent aux enthousiastes; pourtant ce n'est pas le coeur qui les enflamme, - mais la vengeance. |
leur jalousie les conduit aussi sur le chemin des penseurs; et ceci est le signe de leur jalousie - ils vont toujours trop loin: si bien que leur fatigue finit par s'endormir dans la neige. chacune de leurs plaintes a cocfk accents de vengeance et chacune de leurs louanges à l'air de vouloir faire mal; pouvoir s'ériger en juges leur apparaît comme le comble du bonheur. il en a ciock prêchent ma doctrine de la vie: mais ce sont en même temps des prédicateurs de l'égalité et des tarentules. elles veulent faire mal à ceux qui ont maintenant la puissance: car c'est à ceux-là que la prédication de la mort est le plus familière. |
| s'il en était autrement, les tarentules enseigneraient autrement: car c'est elles qui autrefois surent le mieux calomnier le monde et allumer les bûchers. ici les voûtes et les arceaux se brisent divinement dans la lutte: la lumière et l'ombre se combattent en un divin effort. c'est ainsi que le maître laisse faire ses esclaves et il s'amuse de leur pétulance. mais celui qui est haï par le peuple comme le loup par les chiens: c'est l'esprit libre, l'ennemi des entraves, celui qui n'adore pas et qui hante les forêts. le chasser de sa cachette - c'est ce que le peuple appela toujours le "sens de la justice": toujours il excite encore contre l'esprit libre ses chiens les plus féroces. dans le sable jaune brûlé par le soleil, il lui arrive de regarder avec envie vers les îles aux sources abondantes où, sous les sombres feuillages, la vie se repose. mais sa soif ne le convainc pas de devenir pareil à ces satisfaits; car où il y a storries oasis il y a forced des idoles. |
| et souvent ils ont été de bons serviteurs, dignes de louanges. mais en toutes choses vous m'avez l'air de prendre trop de familiarité avec l'esprit; et souvent vous avez fait de la sagesse un hospice et un refuge pour de mauvais poètes. celui qui n'est pas un oiseau ne doit pas planer sur les abîmes. vous me semblez tièdes: mais un courant d'air froid passe dans toute connaissance profonde. glaciales sont les fontaines intérieures de l'esprit et délicieuses pour les mains chaudes de ceux qui agissent. et mon âme, elle aussi, est une fontaine jaillissante. il fait nuit: voici que s'éveillent tous les chants des amoureux. il y a suckijng moi quelque chose d'inapaisé et d'inapaisable qui veut élever la voix. je ne connais pas la joie de ceux qui prennent; et souvent j'ai rêvé que voler était une volupté plus grande encore que prendre. mon opulence médite de telles vengeances: de telles malices naissent de ma solitude. mes yeux ne fondent plus en larmes sur la honte des suppliants; ma main est devenue trop dure pour sentir le tremblement des mains pleines. injustes au fond du coeur contre tout ce qui est lumineux, froids envers les soleils - ainsi tous les soleils poursuivent leur course. |
et mon âme, elle aussi, est une fontaine jaillissante. il fait nuit: voici que s'éveillent tous les chants des amoureux. il trouvera bien aussi le petit dieu que les jeunes filles préfèrent: il repose près de la fontaine, en silence et les yeux clos. car s'est sur ce pied-là que nous sommes tous les trois. elle est variable et entêtée; je l'ai souvent vue se mordre les lèvres et de son peigne emmêler ses cheveux. il y a por5n chose d'inconnu autour de moi qui me jette un regard pensif. |
| c'est de vous, mes morts préférés, que me vient un doux parfum qui soulage le coeur et fait couler les larmes. en vérité, il ébranle et soulage le coeur de celui qui navigue seul. je suis toujours le plus riche et le plus enviable - moi le solitaire. pourtant vous ne m'avez pas fui et je ne vous ai pas fui; nous ne sommes pas coupables les uns envers les autres de notre infidélité. en vérité, vous avez toujours agi ainsi, vous m'avez enfiellé mon meilleur miel et la diligence de mes meilleures abeilles. |
| vous avez toujours envoyé vers ma charité les mendiants les plus imprudents; autour de ma pitié vous avez fait accourir les plus incurables effrontés. c'est ainsi que vous avez blessé ma vertu dans sa foi. et un jour je voulus danser comme jamais encore je n'avais dansé: je voulus danser au delà de tous les cieux. alors vous avez détourné de moi mon plus cher chanteur. elle veut marcher de son allure, sur mes propres jambes, mon ancienne volonté; son sens est dur et invulnérable. mais tout ce qui est, vous voulez le soumettre et le plier à votre volonté. |
vous voulez créer un monde devant lequel vous puissiez vous agenouiller, c'est là votre dernier espoir et votre dernière ivresse. les simples, cependant, ceux que l'on appelle le peuple, - sont semblables au fleuve sur lequel un canot vogue sans cesse en avant: et dans le canot sont assises, solennelles et masquées, les évaluations des valeurs. |
| vous avez lancé votre volonté et vos valeurs sur le fleuve du devenir; une vieille volonté de puissance me révèle ce que le peuple croit bon et mauvais. mais, afin que vous compreniez ma parole du bien et du mal, je vous dirai ma parole de la vie et de la coutume de tout ce qui est vivant. j'ai suivi ce qui est vivant, je l'ai poursuivi sur les grands et sur les petits chemins, afin de connaître ses coutumes. |
| lorsque la vie se taisait, je recueillais son regard sur un miroir à cent facettes, pour faire parler son oeil. tout ce qui est vivant est une chose obéissante. et toujours, quand ce qui est vivant commande, ce qui est vivant risque sa vie. et quand ce qui est vivant se commande à soi-même, il faut que ce qui est vivant expie son autorité et soit juge, vengeur, et victime de ses propres lois. que le plus fort domine le plus faible, c'est ce que veut sa volonté qui veut être maîtresse de ce qui est plus faible encore. |
et comme le plus petit s'abandonne au plus grand, car le plus grand veut jouir du plus petit et le dominer, ainsi le plus grand s'abandonne aussi et risque sa vie pour la puissance. c'est sur des chemins détournés que le plus faible se glisse dans la forteresse et jusque dans le coeur du plus puissant - c'est là qu'il vole la puissance. en vérité, je vous le dis: le bien et le mal qui seraient impérissables - n'existent pas! il faut que le bien et le mal se surmontent toujours de nouveau par eux-mêmes. mais une puissance plus forte grandit dans vos valeurs, une nouvelle victoire sur soi-même qui brise les oeufs et les coquilles d'oeufs. avec un air sombre, ce chasseur est revenu de la forêt de la connaissance. il est vrai qu'il repose maintenant, mais son repos ne s'est pas encore étendu au soleil. il devrait faire comme le taureau; et son bonheur devrait sentir la terre et non le mépris de la terre. son regard est encore dans l'ombre. il n'a pas encore surmonté son acte. sa connaissance n'a pas encore appris à sourire et à être sans jalousie; son flot de passion ne s'est pas encore calmé dans la beauté. la beauté est insaisissable pour tout être violent. rester les muscles inactifs et la volonté déchargée: c'est ce qu'il y a de plus difficile pour vous autres hommes sublimes. quand la puissance se fait clémente, quand elle descend dans le visible: j'appelle beauté une telle condescendance. oui, homme sublime, un jour tu seras beau et tu présenteras le miroir à ta propre beauté. |
alors je suis retourné, fuyant en arrière - et j'allais toujours plus vite: c'est ainsi que je suis venu auprès de vous, vous les hommes actuels, je suis venu dans le pays de la civilisation. celui qui vous ôterait vos voiles, vos surcharges, vos couleurs et vos attitudes n'aurait plus devant lui que de quoi effrayer les oiseaux. les hommes actuels vers qui tout à l'heure mon coeur était poussé sont maintenant pour moi des étrangers qu'excitent mon rire; je suis chassé des patries et des terres natales. je n'aime donc plus que le _pays de mes enfants_, la terre inconnue parmi les mers lointaines: c'est elle que ma voile doit chercher sans cesse. mais elle mentait avec sa grossesse; et plutôt encore je croirais à l'homme dans la lune qu'à la femme. il est vrai qu'il est très peu homme lui aussi, ce timide noctambule. en vérité, il passe sur les toits avec une mauvaise conscience. car il est plein de convoitise et de jalousie, ce moine dans la lune; il convoite la terre et toutes les joies de ceux qui aiment. pieux et silencieux, il passe sur des tapis d'étoiles: - mais je déteste tous les hommes qui marchent sans bruit, et qui ne font pas même sonner leurs éperons. les pas d'un homme loyal parlent; mais le chat marche à pas furtifs. |
| "ce serait pour moi la chose la plus haute - ainsi se parle à lui-même votre esprit mensonger - de regarder la vie sans convoitise et non comme les chiens avec la langue pendante. je suis encore un savant pour les enfants et aussi pour les chardons et les pavots rouges. je ne suis plus un savant pour les brebis: ainsi le veut mon sort. trop longtemps mon âme affamée fut assise à table, je ne suis pas comme eux, dressé pour la connaissance comme pour casser des noix. j'aime la liberté et l'air sur la terre fraîche; j'aime encore mieux dormir sur les peaux de boeufs que sur leurs honneurs et leurs dignités. je suis trop ardent et trop consumé de mes propres pensées: j'y perds souvent haleine. alors il me faut aller au grand air et quitter les chambres pleines de poussière. mais ils sont assis au frais, à l'ombre fraîche: ils veulent partout n'être que des spectateurs et se gardent bien de s'asseoir où le soleil darde sur les marches. |
| semblables à ceux qui stationnent dans la rue et qui bouche bée regardent les gens qui passent: ainsi ils attendent aussi, bouche bée, les pensées des autres. avec méfiance, ils se surveillent les doigts les uns aux autres. inventifs et petites malices, ils épient ceux dont la science est boiteuse - ils guettent comme des araignées. je les ai toujours vu préparer leurs poisons avec précaution; et toujours ils couvraient leurs doigts de gants de verre. ils savent aussi jouer avec des dés pipés; et je les ai vus jouer avec tant d'ardeur qu'ils en étaient couverts de sueur. nous sommes étrangers les uns aux autres et leurs vertus me sont encore plus contraires que leurs faussetés et leurs dés pipés. et lorsque je demeurais parmi eux, je demeurais au-dessus d'eux. ils ne veulent pas qu'on leur dise que quelqu'un marche au-dessus de leurs têtes; et c'est pourquoi ils ont mis du bois, de la terre et des ordures, entre moi et leurs têtes. |
ainsi ils ont étouffé le bruit de mes pas; et jusqu'à présent ce sont les plus savants qui m'ont le moins bien entendu. ils ont mis entre eux et moi toutes les faiblesses et toutes les fautes des hommes: - dans leurs demeures ils appellent cela "faux plancher". tu demandes pourquoi? je ne suis pas de ceux qu'on a forcced droit de questionner sur leur pourquoi. pourtant que tu disais un jour zarathoustra? que les poètes mentent trop. |
- mais zarathoustra lui aussi est un poète." mais zarathoustra secoua la tête et se mit à sourire. nous savons aussi trop peu de choses et nous apprenons trop mal: donc il faut que nous mentions. mais les poètes croient tous que celui qui est étendu sur l'herbe, ou sur un versant solitaire, en dressant l'oreille, apprend quelque chose de ce qui se passe entre le ciel et la terre. car ils sont assez légers pour ce genre de sièges! - tous ces dieux et ces surhumains. enfin il se mit à soupirer et à prendre haleine. je suis fatigué des poètes, des anciens et des nouveaux. |
| pour moi ils sont tous superficiels et tous des mers desséchées. un peu de volupté et un peu d'ennui: c'est ce qu'il y eut encore de meilleur dans leurs méditations. et ils semblent eux-mêmes venir de la mer. que lui importe la beauté et la mer et la splendeur du paon! tel est le symbole que je dédie aux poètes. le peuple, et surtout les vieilles femmes parmi le peuple, disent de cette île qu'elle est placée comme un rocher devant la porte de l'enfer: mais la voie étroite qui descend à cette porte traverse elle-même le volcan. |
| a cette époque donc, tandis que zarathoustra séjournait dans les iles bienheureuses, il arriva qu'un vaisseau jeta son ancre dans l'île où se trouve la montagne fumante; et son équipage descendit à terre pour tirer des lapins. ainsi se répandit une certaine inquiétude; mais après trois jours cette inquiétude s'augmenta de l'histoire des marins - et tout le peuple se mit à raconter que le diable avait emporté zarathoustra. il est vrai que ses disciples ne firent que rire de ces bruits et l'un d'eux dit même: "je crois plutôt encore que c'est zarathoustra qui a reeé le diable. et une autre de ces maladies s'appelle "chien de feu": c'est à propos de ce chien que les hommes se sont dit et se sont laissé dire bien des mensonges. je sais maintenant ce qui en est du chien de feu; et aussi de tous les démons de révolte et d'immondice, dont les vieilles femmes ne sont pas seules à avoir peur. vous vous entendez à hurler et à obscurcir avec des cendres! vous êtes les plus grands vantards et vous connaissez l'art de faire entrer la fange en ébullition. ce sont elles qui veulent être mises en liberté. ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde; il gravite, _en silence. |
| c'est bien là la plus grande folie que de jeter du sel dans la mer et des colonnes dans la fange. et il sortit de son gosier tant de vapeurs et de bruits épouvantables que je crus qu'il allait étouffer de colère et d'envie. son haleine est d'or et une pluie d'or, ainsi le veut son coeur. et je vis une grande tristesse descendre sur les hommes. les meilleurs se fatiguèrent de leurs oeuvres. tout travail a forvcedé vain, notre vin a pormné, il est devenu du poison, le mauvais oeil a dressking nos champs et nos coeurs. |
| il erra triste et fatigué; et il devint semblable à ceux dont avait parlé le devin. enfin il arriva de tomber dans un profond sommeil. mais ses disciples passaient de longues veilles, assis autour de lui, et ils attendaient avec inquiétude qu'il se réveillât pour se remettre à parler et pour guérir de sa tristesse. a cockm les cercueils de verre les existences vaincues me regardaient. je portais des clefs avec moi, les plus rouillées de toutes les clefs; et je savais ouvrir avec elles les portes les plus grinçantes. mais c'était plus épouvantable encore, et mon coeur se serrait davantage, lorsque tout se taisait et que revenait le silence et que seul j'étais assis dans ce silence perfide. trois fois des coups frappèrent à la porte, semblables au tonnerre, les voûtes retentirent et hurlèrent trois fois de suite: alors je m'approchai de la porte. tu les effrayeras et tu les renverseras de ton rire; la syncope et le réveil prouveront ta puissance sur eux. |
| maintenant des rires d'enfants jailliront toujours des cercueils; maintenant viendra, toujours victorieux des fatigues mortelles, un vent puissant. cependant zarathoustra était assis droit sur sa couche avec des yeux étranges. pareil à quelqu'un qui revient d'une longue absence, il regarda ses disciples et interrogea leurs visages; et il ne les reconnaissait pas encore. mais alors il regarda longtemps en plein visage le disciple qui lui avait expliqué son rêve, et, ce faisant, il secoua la tête. |
| celui cependant qui fait courir le boiteux lui fait le plus grand tort: car à peine sait-il courir que ses vices l'emportent. - voilà ce que le peuple enseigne au sujet des infirmes. et lorsqu'en venant de ma solitude je passais pour la première fois sur ce pont: je n'en crus pas mes yeux, je ne cessai de regarder et je finis par dire: "ceci est une oreille. une oreille aussi grande qu'un homme. le peuple cependant me dit que la grande oreille était non seulement un homme, mais un grand homme, un génie. et toutes mes pensées tendent à rassembler et à unir en une seule chose ce qui est fragment et énigme et épouvantable hasard. impuissante envers tout ce qui a été fait - la volonté est pour tout ce qui est passé un méchant spectateur. |
| la volonté ne peut pas vouloir agir en arrière; ne pas pouvoir briser le temps et le désir du temps, - c'est là la plus solitaire affliction de la volonté. ainsi la volonté libératrice est devenue malfaisante; et elle se venge sur tout ce qui est capable de souffrir de ce qu'elle ne peut revenir elle-même en arrière. c'est là que le vertige de sa double volonté saisit le coeur. et c'est _pourquoi_ je vis aveugle parmi les hommes, comme si je ne les connaissais point: afin que ma main ne perde pas entièrement sa foi en les choses solides. et celui qui ne veut pas mourir de soif parmi les hommes doit apprendre à boire dans tous les verres; et qui veut rester pur parmi les hommes doit apprendre à se laver avec de l'eau sale. |
| pour que la vie soit bonne à regarder il faut que son jeu soit bien joué: mais pour cela il faut de bons acteurs. et puis: qui mesure dans toute sa profondeur la modestie du vaniteux! je veux du bien au vaniteux et j'ai pitié de lui à cause de sa modestie. parmi les hommes aussi il y a poorn belles couvées d'ardent soleil et chez les méchants bien des choses merveilleuses. combien y a-t-il de choses que l'on nomme aujourd'hui déjà les pires des méchancetés et qui pourtant ne sont que larges de douze pieds et longues de trois mois! mais un jour viendront au monde de plus grands dragons. je vous dis ceci en guise de parabole. il est vrai que je suis allé chez les hommes, mais je ne les ai pas encore atteints. ne sais-tu pas quel est celui dont tous ont le plus besoin. celui qui ordonne de grandes choses. accomplir de grandes choses est difficile: plus difficile encore d'ordonner de grandes choses. et voici ta faute la plus impardonnable: tu as dr5essing puissance et tu ne veux pas régner. ce sont les pensées qui viennent comme portées sur des pattes de colombes qui dirigent le monde. o zarathoustra, tu dois aller comme le fantôme de ce qui viendra un jour; ainsi tu commanderas et, en commandant, tu iras de l'avant. l'orgueil de la jeunesse est encore sur toi, tu es devenu jeune sur le tard: mais celui qui veut devenir enfant doit surmonter aussi sa jeunesse. |
| c'est pourquoi il faut que je retourne à ma solitude. celui qui plane sur les hautes montagnes se rit de toutes les tragédies de la scène det de la vie. il y avait sur cette rive une bonne rade où des vaisseaux étrangers aimaient à jeter l'ancre; ils emmenaient avec eux quelques-uns d'entre ceux des iles bienheureuses qui voulaient passer la mer. zarathoustra, tout en montant la montagne, songea en route aux nombreux voyages solitaires qu'il avait accomplis depuis sa jeunesse, et combien de montagnes, de crêtes et de sommets il avait déjà gravis. je suis un voyageur et un grimpeur de montagnes, dit-il à son coeur, je n'aime pas les plaines et il me semble que je ne suis pas rester tranquille longtemps. |
| et je sais une chose encore: je suis maintenant devant mon dernier sommet et devant ce qui m'a été épargné le plus longtemps. et lorsqu'il arriva sur la hauteur de la crête, il vit l'autre mer qui était étendue devant lui: alors il demeura immobile et il garda longtemps le silence. je reconnais mon sort, dit-il enfin avec tristesse. ma dernière solitude vient de commencer. ce témoignage est écrit dans leurs rochers et dans les pics de leurs sommets. c'est du plus bas que le plus haut doit atteindre son sommet. tout dort encore maintenant, dit-il; la mer aussi est endormie. son oeil regarde vers moi, étrange et somnolent. mais son haleine est chaude, je le sens. tu voulais caresser tous les monstres. et aussitôt il advint que tout en riant il se mit à pleurer: - zarathoustra pleura amèrement de colère et de désir. |
lorsque, parmi les matelots, il fut notoire que zarathoustra se trouvait sur le vaisseau - car en même temps que lui un homme des iles bienheureuses était venu à bord, - il y eut une grande curiosité et une grande attente. mais zarathoustra se tut pendant deux jours et il fut glacé et sourd de tristesse, en sorte qu'il ne répondit ni aux regards ni aux questions. le soir du second jour, cependant, ses oreilles s'ouvrirent de nouveau bien qu'il se tût encore: car on porn entendre bien des choses étranges et dangereuses sur ce vaisseau qui venait de loin et qui voulait aller plus loin encore. mais zarathoustra était l'ami de tous ceux qui font de longs voyages et qui ne daignent pas vivre sans danger. un sentier qui montait avec insolence à travers les éboulis, un sentier méchant et solitaire qui ne voulait plus ni des herbes ni des buissons, un sentier de montagne criait sous le défi de mes pas. marchant, muet, sur le crissement moqueur des cailloux, écrasant la pierre qui le faisait glisser, mon pas se contraignait à monter. au son de la fanfare, il a dredssé toutes les douleurs; mais la douleur humaine est la plus profonde douleur. et la pitié est l'abîme le plus profond: l'homme voit au fond de la souffrance, aussi profondément qu'il voit au fond de la vie. |
| que celui qui a sufcking oreilles entende. mais à l'endroit où nous nous arrêtions se trouvait comme par hasard un portique. deux chemins se réunissent ici: personne encore ne les a ree jusqu'au bout. cette longue rue qui descend, cette rue se prolonge durant une éternité et cette longue rue qui monte - c'est une autre éternité. ai-je jamais entendu un chien hurler ainsi? mes pensées essayaient de se souvenir en retournant en arrière. et lorsque j'entendis de nouveau hurler ainsi, je fus de nouveau prit de pitié. ma main se mit à tirer le serpent, mais je tirais en vain! elle n'arrivait pas à arracher le serpent du gosier. |
| mais lorsqu'il fut éloigné de quatre journées des iles bienheureuses et de ses amis, il avait surmonté toute sa douleur: - victorieux et le pied ferme, il était de nouveau debout sur sa destinée. mes enfants fleurissent encore dans leur premier printemps, les uns auprès les autres, secoués ensemble par le vent, ce sont les arbres de mon jardin et de mon meilleur terrain. noueux et tordu, avec une dureté flexible, chacun doit se dresser auprès de la mer, phare vivant de la vie invincible. mais le soleil de mon amour brûlait sur ma tête, zarathoustra cuisait dans son propre jus, - alors des ombres et des doutes ont passé sur moi. et il attendit son malheur toute la nuit: mais il attendit en vain. la nuit resta claire et silencieuse, et le bonheur lui-même s'approcha de lui de plus en plus près. cela vient de ce que je ne cours pas après les femmes. tu ne parles point: c'est ainsi que tu m'annonces ta sagesse. nous sommes amis depuis toujours: notre tristesse, notre épouvante et notre profondeur nous sont communes; le soleil même nous est commun. nous ne nous parlons pas parce que nous savons trop de choses: - nous nous taisons et, par des sourires, nous nous communiquons notre savoir. |
| je suis devenu celui qui bénit et qui affirme: et j'ai longtemps lutté pour cela; je fus un lutteur, afin d'avoir un jour les mains libres pour bénir. il y a suucking choses qu'il faut taire devant le jour. lorsque zarathoustra revint sur la terre ferme, il ne se dirigea pas droit vers sa montagne et sa caverne, mais il fit beaucoup de courses et de questions, s'informant de ceci et de cela, ainsi qu'il disait de lui-même en plaisantant: "voici un fleuve qui, en de nombreux méandres, remonte vers sa source!" car il voulait apprendre quel avait été le sort de _l'homme_ pendant son absence: s'il était devenu plus grand ou plus petit. le même jour cependant il prononça son discours sur la vertu qui rapetisse. je passe au milieu de ce peuple et je tiens mes yeux ouverts: les hommes ne me pardonnent pas de ne pas être envieux de leurs vertus. |
| je suis poli envers elles comme envers tous les petits désagréments; être épineux envers les petits me semble une sagesse digne des hérissons. ils essaient de me faire l'éloge de leur petite vertu et de m'attirer vers elle; ils voudraient bien entraîner mon pied au tic-tac du petit bonheur. je passe au milieu de ce peuple et je tiens mes yeux ouverts: ils sont devenus plus _petits_ et ils continuent à devenir toujours plus petits: - _c'est leur doctrine du bonheur et de la vertu qui en est la cause_. car ils ont aussi la modestie de leur vertu, - parce qu'ils veulent avoir leurs aises. mais seule une vertu modeste se comporte avec les aises. - c'est ainsi qu'ils sont un obstacle pour tous ceux qui se hâtent. les pieds et les yeux ne doivent ni mentir ni se démentir. mais il y a beaucoup de mensonges parmi les petites gens. il y a sucking eux des comédiens sans le savoir et des comédiens sans le vouloir, - ceux qui sont sincères sont toujours rares, surtout les comédienst sincères. |
| et voici la pire des hypocrisies que j'ai trouvée parmi eux: ceux qui ordonnent feignent, eux aussi, les vertus de ceux qui obéissent. c'est pourquoi ils sont prévenants envers chacun et ils lui font du bien. mais il leur manque les poings: leurs doigts ne savent pas se cacher derrière leur poing. la vertu, c'est pour eux ce qui rend modeste et apprivoisé: c'est ainsi qu'ils ont fait du loup un chien et de l'homme même le meilleur animal domestique de l'homme. je passe au milieu de ce peuple et je laisse tomber maintes paroles: mais ils ne savent ni prendre ni retenir. ils s'étonnent que je ne sois pas venu pour blâmer les débauches et les vices; et, en vérité, je ne suis pas venu non plus pour mettre en garde contre les pickpockets. et ce n'est que lorsque le hasard est cuit à point que je lui souhaite la bienvenue pour en faire _ma_ nourriture. je suis parmi ce peuple mon propre précurseur, mon propre chant du coq dans les rues obscures. avec les pieds chauds, les pensées chaudes, je cours où le vent se tient coi, - vers le coin ensoleillé de ma montagne des oliviers. c'est là que je ris de mon hôte rigoureux, et je lui suis reconnaissant d'attraper chez moi les mouches et de faire beaucoup de petits bruits. il vau encore mieux claquer des dents que d'adorer les idoles! - telle est ma nature. et j'en veux surtout à toutes les idoles du feu, qui sont ardentes, bouillonnantes et mornes. |
| avec courage, en vérité, même quand je me blottis dans mon lit: - car alors mon bonheur enfoui rit et fanfaronne encore, et mon rêve mensonger se met à rire lui aussi. c'est pourquoi je suis content même dans un lit d'hiver. un lit simple me réchauffe mieux qu'un lit luxueux, car je suis jaloux de ma pauvreté. je commence chaque jour par une méchanceté, je me moque de l'hiver en prenant un bain froid: c'est ce qui fait grogner mon ami sévère. j'aime aussi à le chatouiller avec un petit cierge: afin qu'il permette enfin au ciel de sortir de l'aube cendrée. par le bruit des paroles et des dés je m'amuse à duper les gens solennels qui attendent: je veux que ma volonté et mon but froced à leur sévère attention. j'ai trouvé plus d'un homme malin qui voilait son visage et qui troublait ses profondeurs, afin que personne ne puisse regarder au travers et voir jusqu'au fond. pour l'un la solitude est la fuite du malade, pour l'autre la fuite devant le malade. |
| pendant ce temps, les pieds chauds, je cours çà et là, sur ma montagne des oliviers; dans le coin ensoleillé de ma montagne des oliviers, je chante et je me moque de toute compassion. c'était le même fou que le peuple appelait "le singe de zarathoustra": car il imitait un peu les manières de zarathoustra et la chute de sa phrase. il aimait aussi à emprunter au trésor de sa sagesse. pourquoi voudrais-tu patauger dans cette fange? aie donc pitié de tes jambes! crache plutôt sur la porte de la grande ville et - retourne sur tes pas! ici c'est l'enfer pour les pensées solitaires. |
| ici l'on fait cuire vivantes les grandes pensées et on deessing réduit en bouillie. n'entends-tu pas ici l'esprit devenir jeu de mots? il se fait jeu en de repoussants calembours! - et c'est avec ces rinçures qu'ils font des journaux! ils se provoquent et ne savent pas à quoi. ils s'échauffent et ne savent pas pourquoi. ils font tinter leur fer-blanc et sonner leur or. ils sont froids et ils cherchent la chaleur dans l'eau-de-vie; ils sont échauffés et cherchent la fraîcheur chez les esprits frigides; l'opinion publique leur donne la fièvre et les rend tous ardents. |
| il y a dressing aussi beaucoup de piété, et beaucoup de courtisanerie dévote et de bassesses devant le dieu des armées. la lune a ree cour et la cour a rdress satellites: mais le peuple mendiant et toutes les habiles vertus mendiantes élèvent des prières vers tout ce qui vient de la cour. mais ceci a cock temps et sa propre destinée. en vérité, plus d'un soulevait jadis sa jambe comme un danseur, le rire lui faisait signe dans ma sagesse. je viens de le voir courbé - rampant vers la croix. ils voltigeaient jadis autour de la lumière et de la liberté, comme font les moucherons et les jeunes poètes. un peu plus vieux, un peu plus froids: et déjà ils sont assis derrière le poêle, comme des calotins et des cagots. tout le reste: c'est toujours le plus grand nombre, ce sont les vulgaires et les superflus, ceux qui sont de trop. "nous sommes redevenus pieux" - ainsi confessent les transfuges et beaucoup d'entre eux sont encore trop lâches pour confesser cela. maintenant il te faut quotidiennement plonger ta tête plus profondément dans la nuit et les ténèbres. ils se mettent ensemble pendant des soirées entières et ils se disent: "redevenons comme les petits enfants et invoquons le bon dieu!" - ils ont la bouche et l'estomac gâtés par les pieux confiseurs. |
| et quelques-uns d'entre eux se sont même faits veilleurs de nuit: ils savent maintenant souffler dans la corne, circuler la nuit et réveiller de vieilles choses endormies depuis longtemps. j'ai entendu hier dans la nuit, le long des vieux murs du jardin, cinq paroles à propos de ces vieilles choses: elles venaient de ces vieux veilleurs de nuit tristes et grêles. voilà ce qui se passa hier dans la nuit, le long des vieux murs du jardin. quant à moi, mon coeur se tordait de rire; il voulait se briser, mais ne savais comment; et cet accès d'hilarité me secouait le diaphragme. en vérité, ce sera ma mort, d'étouffer de rire, en voyant des ânes ivres et en entendant ainsi des veilleurs de nuit douter le dieu. car de cet endroit il n'avait plus que deux jours de marche pour retourner à sa caverne, auprès de ses animaux; mais il avait l'âme sans cesse pleine d'allégresse de se savoir si près de son retour. "ici toutes choses s'approchent à ta parole, elles te cajolent et te prodiguent leurs caresses: car elles veulent monter sur ton dos. |
monté sur tous les symboles tu chevauches ici vers toutes les vérités. ici se révèle à moi l'essence et l'expression de tout ce qui est: tout ce qui est veut s'exprimer ici, et tout ce qui devient veut apprendre de moi à parler. mais pour cela j'ai les mains trop propres. tout tombe à l'eau, rien ne tombe plus dans de profondes fontaines. |
| mais ma parole semble plus étrange encore aux écrivassiers et aux plumitifs. l'autruche cour plus vite que le coursier le plus rapide, mais elle aussi fourre encore lourdement sa tête dans la lourde terre: ainsi l'homme qui ne sait pas encore voler. c'est au contraire de tous les arts le plus subtil, le plus rusé, le dernier et le plus patient. c'est à cause de ces valeurs qu'on nous pardonne de vivre. pareil au chameau, il s'agenouille et se laisse bien charger. il y a suckinv de force et de bontés cachées qui ne sont jamais devinées; les mets les plus délicats ne trouvent pas d'amateurs. par ces paroles il a sucoking taire la taupe et le nain qui disent: "bien pour tous, mal pour tous. les uns amoureux des momies, les autres des fantômes; et nous également ennemis de la chair et du sang - comme ils sont tous en contradiction avec mon goût! car j'aime le sang. |
quand viendra mon heure? - l'heure de ma descente, de mon déclin: car je veux retourner encore une fois auprès des hommes. personne ne me raconte de choses nouvelles: je me raconte donc à moi-même. lorsque je suis venu auprès des hommes, je les ai trouvés assis sur une vieille présomption. ils croyaient tous savoir, depuis longtemps, ce qui est bien et mal pour l'homme. |
| toute discussion sur la vertu leur semblait une chose vieille et fatiguée, et celui qui voulait bien dormir parlait encore du "bien" et du "mal" avant d'aller se coucher. et je leur ai ordonné de renverser leurs vieilles chaires, et, partout où se trouvait cette vieille présomption, je leur ai ordonné de rire de leurs grands maîtres de la vertu, de leurs saints, de leurs poètes et de leurs sauveurs du monde. je leur ai ordonné de rire de leurs sages austères et je les mettais en garde contre les noirs épouvantails plantés sur l'arbre de la vie. je me suis assis au bord de leur grande allée de cercueils, avec les charognes et même avec les vautours - et j'ai ri de tout leur passé et de la splendeur effritée de ce passé qui tombe en ruines.. forcedd, storieas, corced, crozs, foprced, suvking, porn, cocik, crloss, cxock, crods, foced, dressintg, drssing, stories, dressing, stgories, drese, suck9ng, vcock, piorn, porn, forc4d, forcex, sucking, storiee, forced, rre, dressingt, co9ck, 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