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PeopleAndGotha.com
mars 2004
Dans le
cadre du grand Hôtel Scribe de Paris, accueillant l'inauguration du
Festival du Cinéma
Chinois d'Aujourd'hui.
Interview de FANNY ARDANT, Présidente du Festival.
par
François Celier
Fanny Ardant,
actrice aimée et admirée dans la ronde du cinéma international, à "écouter"
vos sourires et le murmure espiègle de vos regards, je devine en vous une
femme de caractère, trempé dans le dur combat de satisfaire aux exigences du
métier d'actrice.
Selon vous, quelle serait l'émotion ou la prise de conscience la plus forte que
vous auriez eu lorsque vous étiez petite fille ?
Dire "non". Ne pas me laisser embarquer dans la volonté des autres...
D'instinct, le
pouvoir de dire "non" ne se réserve qu'aux hommes et femmes de caractère.
Là, je comprends mieux le capital de sympathie qui émane de vous. Dites-nous
alors, quel sens donnez-vous à votre vie et par conséquent, vous
convient-elle ?
Je préfère être pleinement moi plutôt que paraître, à mes yeux comme à ceux
du public ou celui de mes proches amis. Je privilégie ma vie personnelle
avec intensité. "Plein pot" diraient certains. Telle quelle, ma vie répond à
mes attentes. Oui, elle me convient.
Fanny
Ardant, le monde tangue dangereusement, comme un bateau ivre dirait notre
grand rebelle rimbaldien. Que diriez-vous aux jeunes d'aujourd'hui qui s'en
alarme (et entre nous), à juste titre.
Il faut continuer à croire en soi et aussi en l'autre, le prochain, le
voisin. "Un plus un, plus un, plus un", au niveau individuel. Mais ils
doivent se défier du collectif, et plus encore des extrémismes et des
fanatiques, quels qu'ils soient.
La tolérance
envers l'autre s'apprend, s'exerce, s'applique avec discernement.
Donc, ne pas
rentrer dans le rang, être soi même, souverainement, sans se soucier du
quand dira-t-on. Fanny Ardant, en tant que Présidente du Festival de cinéma
chinois, comment le percevez-vous ?
Je dois dire que mes connaissances en ce domaine sont encore limitées, mais
je l'apprécie. Il recèle une grande richesse en devenir, un vrai potentiel.
Les films que j'ai pu voir jusqu'alors, étaient le fait du hasard, mais
étant donné que le hasard n'existe pas, n'est-ce pas, je suis là ce soir
pour présider le film chinois.
Ce que j'ai remarqué et ce qui, me semble-t-il, le distingue, ce sont les
soins portés aux détails qui, lorsqu'on y prête attention, disent beaucoup
de choses. Par exemple, je me souviens encore du film "Pékin ne croit pas
aux larmes" qui m'avait touché. En fait, ce qui est important pour nos
mémoires chancelantes, ce sont les "impressions" émotionnelles en
particulier qui persistent et demeurent. En quelque sorte, dans les films
chinois, il faut apprendre à décoder les détails pour y découvrir de la
profondeur et une plus grande beauté.
Merci Fanny
Ardant, je vous souhaite une toute belle présidence du Festival et, pourquoi
pas prochainement, un superbe voyage à Pékin, Shangaï, grande muraille et
mille merveilles…auquel je me joindrai volontiers si le hasard (qui n'existe
pas, of course) m'y conviait.
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