Previous Page Next Page

3.1 Tour d'horizon historique

Plusieurs personnes ont joué un rôle essentiel dans les domaines théoriques ou techniques importants dans l'évolution des ordinateurs et de la science du traitement de l'information :

1642 Blaise PASCAL (1623-1662), mathématicien, physicien et philosophe français, réalise la première machine à calculer. C'est une machine décimale à rochets (roues dentées) qui sait faire des additions et des soustractions.

1671-1694 Gottfried Wilhelm LEIBNIZ (1646 - 1716), philosophe et mathématicien allemand construit une machine qui peut réaliser, outre l'addition et la soustraction, la multiplication et la division, une manivelle permet de répéter automatiquement une somme ou une différence.

1725 Une bande perforée est utilisée pour commander des métiers à broder. Ce mécanisme, inventé par Basile BOUCHON, sera perfectionné par le mécanicien français JACQUARD (1752-1834), qui construit le premier métier à tisser automatique commandé par des cartes perforées.

1833 Le philosophe et mathématicien anglais Charles BABBAGE, en collaboration avec la Comtesse de Lovelace, Ada BYRON, imagine une machine universelle qu'il appelle "Analytical Engine". Bien qu'il y travaille jusqu'à sa mort en 1871, la machine ne sera jamais achevée en raison de l'insuffisance des moyens techniques. Cependant, cette machine entièrement mécanique et effectuant des calculs numériques est de conception révolutionnaire pour cette époque. Elle est dans son essence une machine à traiter l'information qui comporte tous les éléments d'un ordinateur moderne: mémoire, unité de contrôle, unité arithmétique et unité d'entrée/sortie. Elle est commandée par un "programme" sur carton perforé du type de celui utilisé par JACQUARD.

1843 La mathématicienne Ada BYRON (1815-1852) décrit le premier programme de calcul automatique destiné à calculer les nombres de BERNOULLI. Des spécialistes n'ont eu aucune peine à transposer ce programme en notations modernes.

1847 Le mathématicien britannique George BOOLE (1815-1864) crée dans son premier ouvrage "The Mathematical Analysis of Logic" les concepts originaux de la logique symbolique moderne. L'algèbre de BOOLE décrit mathématiquement les règles de la logique formelle, qui permet à leur tour de représenter vrai et faux par les nombres 1 et 0 et de représenter les opérations logiques sous forme de calcul algébrique.

1884 - 1889 L'ingénieur Hermann HOLLERITH (1860-1929) conçoit la carte

perforée et construit aux Etats-Unis, pour le premier recensement de la population américaine en 1890, une poinçonneuse à main et une trieuse-compteuse à contacts électriques. C'est le début de l'ère des équipements mécanographiques (perforatrices, trieuses, interclasseuses, etc.). Le code alphanumérique de perforation employé par IBM porte son nom.

1897 Le physicien anglais J.J THOMSON (1856-1940) identifie l'électron (Prix Nobel, 1906).

1904 Sur une idée d'EDISON, l'ingénieur électricien anglais J.A. FLEMING (1849-1945) imagine la première diode ou valve de FLEMING, tube à deux électrodes, utilisé comme redresseur de courant.

1906 L'américain Lee de FOREST construit la triode , tube à trois électrodes, qui permet d'amplifier les courants faibles.

1936 Dans son essai "On Computable Numbers", le mathématicien anglais Alan M. TURING (1912-1954) formule une définition des machines automatiques et élabore un modèle mathématique d'un calculateur élémentaire universel (machine de TURING) théoriquement capable d'effectuer tout calcul exécutable par une machine automatique.

1937 L'Américain Claude E. SHANNON démontre qu'en faisant appel à l'algèbre de BOOLE, des circuits électriques peuvent effectuer des calculs numériques.

1938 Le mathématicien allemand Konrad ZUSE construit une machine mécanique, le Z1, capable d'effectuer des calculs en mode binaire et à virgule flottante, à l'aide d'un programme extérieur lu et d'une mémoire interne.

1939 - 1944 Dans les laboratoires du professeur AIKEN de l'Université de Harvard, aux Etats-Unis, sont construites successivement les machines MARK-I électromécanique, MARK-II à relais électromécaniques, MARK-III à tubes électroniques et à mémoires magnétiques à tambour, MARK-IV également électronique et à mémoire sur noyau ferromagnétique. Il est intéressant de noter que par exemple le MARK-I permettait d'effectuer les quatre opérations élémentaires, le calcul des logarithmes, le calcul des fonctions trigonométriques et les élévations à la puissance. Il pesait cinq tonnes et comportait 800 kilomètres de câbles!

1943 P. EISLER réalise le premier circuit imprimé en remplaçant certains composants et conducteurs électriques par leur tracé en deux dimensions sur un support isolant.

1943 - 1946 L'ENIAC (Electronic Numerical Integrator And Computer) est le premier ordinateur entièrement électronique. Il pèse 30 tonnes et fonctionne grâce à 18000 tubes. Il traite avant tout des équations différentielles (problèmes de balistique) avec une remarquable précision et célérité (300 opérations à la seconde).

1945 Le mathématicien américain d'origine hongroise, John von NEUMANN, ensemble avec PRINCETON et GOLDSTEIN, donne une dimension nouvelle à la programmation en considérant le programme comme susceptible d'être lui-même l'objet d'un traitement avant ou pendant son exécution. Par ses travaux, plus actuels aujourd'hui que jamais, Von NEUMANN rend les problèmes à traiter indépendants de l'architecture de la machine. Von NEUMANN peut ainsi être considéré comme le véritable "inventeur du software".

1947 - 1951 L'UNIVAC (UNIVersal Automatic Computer) est le premier ordinateur appliquant les principes de von NEUMANN. Les organes d'entrée/ sortie sont à base de bandes magnétiques.

1948 C'est à partir de l'échec d'une expérience d'amplification de courant que les américains S. BARDEEN, N. BRATTAIN et W. SHOCKLEY mettent au point le premier transistor (de TRANSfer reSISTOR). Cette découverte leur vaut le prix NOBEL en 1956.

1949 - 1954 L'IBM 650 est le premier ordinateur réellement à vocation commerciale, construit à plus de 1000 exemplaires.

1952 Le scientifique anglais G. DUMMER prédit la réalisation d'équipements électroniques d'un seul bloc, composé de couches de matériaux isolants, conducteurs et amplificateurs; les connexions électriques seront réalisées par découpe dans les différentes couches: c'est le concept du circuit intégré.

1955 Le langage FORTRAN (FORmula TRANslator), mis au point par J. BACKUS, est le premier langage évolué de programmation.

1956 Le LEPRECHAUN est le premier ordinateur entièrement transistorisé.

1959 Le premier circuit intégré est fabriqué par J. KILBY chez Texas Instruments.

1961 Le premier micro-ordinateur, le PDP1, est mis sur le marché par Digital Equipement: il a une mémoire de 400 mots de 12 bits.

1964 John KEMENY et Thomas KURTZ, du Dartmouth College , Etats-Unis, développent le Beginners All-Purpose Symbolic Instruction Code: le BASIC est né.

1969 La première mémoire non volatile à base de semi-conducteurs a une capacité de 64 bits.

1972 Le microprocesseur présente tous les éléments essentiels d'un ordinateur sur une seule puce de silicium. Le faible prix et l'encombrement réduit permettent de trouver une multitude d'applications nouvelles pour l'ordinateur.

D'un point de vue historique, les ordinateurs sont classés en quatre générations:

la première génération (1944 - 1958): les machines fonctionnent grâce à des tubes électroniques;

la deuxième génération (1958 - 1963): l'emploi de transistors permet de diminuer la taille des machines et d'éviter leur échauffement lors du fonctionnement;

la troisième génération (1963 - 1972): les transistors sont remplacés par des micromodules (essentiellement des circuits imprimés), qui permettent de diminuer davantage le volume de l'appareillage (dans le rapport de 10 à 1) et d'augmenter la vitesse de calcul;

la quatrième génération (depuis 1972): les micromodules sont remplacés par des circuits intégrés et finalement par le microprocesseur.

Enfin, la cinquième génération, celle des ordinateurs dotés de ce qu'il est convenu d'appeler "Intelligence Artificielle", est l'enjeu d'une des plus grandes batailles technologiques de la fin du XXième siècle. Elle est annoncée par de grands projets japonais, américains et européens (projet ESPRIT) pour la décennie 1990 et se propose de simuler les fonctions les plus évoluées de l'esprit humain (raisonnement, langage, reconnaissance de formes, de couleurs etc.).

Previous Page Next Page


© Aflo Informatique , 2003-2004