| obscurément attendu, immanent et caché, il porte seulement à un tel paroxysme au moment où il s’accomplit, les autres plaisirs que nous causent les doux regards, les baisers de celle qui est auprès de nous, qu’il nous apparaît surtout à nous-même comme une sorte de transport de notre reconnaissance pour la bonté de cœur de notre compagne et pour sa touchante prédilection à notre égard que nous mesurons aux bienfaits, au bonheur dont elle nous comble. hélas, c’était en vain que j’implorais le donjon de roussainville, que je lui demandais de faire venir auprès de moi quelque enfant de son village, comme au seul confident que j’avais eu de mes premiers désirs, quand au haut de notre maison de combray, dans le petit cabinet sentant l’iris, je ne voyais que sa tour au milieu du carreau de la fenêtre entr’ouverte, pendant qu’avec les hésitations héroïques du voyageur qui entreprend une exploration ou du désespéré qui se suicide, défaillant, je me frayais en moi-même une route inconnue et que je croyais mortelle, jusqu’au moment où une trace naturelle comme celle d’un colimaçon s’ajoutait aux feuilles du cassis sauvage qui se penchaient jusqu’à moi. |
| en vain je le suppliais maintenant. en vain, tenant l’étendue dans le champ de ma vision, je la drainais de mes regards qui eussent voulu en ramener une femme. ils n’avaient plus de lien avec la nature, avec la réalité qui dès lors perdait tout charme et toute signification et n’était plus à ma vie qu’un cadre conventionnel comme l’est à la fiction d’un roman le wagon sur la banquette duquel le voyageur le lit pour tuer le temps. on verra plus tard que, pour de tout autres raisons, le souvenir de cette impression devait jouer un rôle important dans ma vie. il faisait presque nuit quand je m’éveillai, je voulus me lever, mais je vis mlle vinteuil (autant que je pus la reconnaître, car je ne l’avais pas vue souvent à combray, et seulement quand elle était encore une enfant, tandis qu’elle commençait d’être une jeune fille) qui probablement venait de rentrer, en face de moi, à quelques centimètres de moi, dans cette chambre où son père avait reçu le mien et dont elle avait fait son petit salon à elle. |
| mlle vinteuil l’accueillit sans se lever, ses deux mains derrière la tête et se recula sur le bord opposé du sofa comme pour lui faire une place. elle pensa que son amie aimerait peut-être mieux être loin d’elle sur une chaise, elle se trouva indiscrète, la délicatesse de son cœur s’en alarma; reprenant toute la place sur le sofa elle ferma les yeux et se mit à bâiller pour indiquer que l’envie de dormir était la seule raison pour laquelle elle s’était ainsi étendue. |
bientôt elle se leva, feignit de vouloir fermer les volets et de n’y pas réussir. mais elle devina sans doute que son amie penserait qu’elle n’avait dit ces mots que pour la provoquer à lui répondre par certains autres qu’elle avait en effet le désir d’entendre, mais que par discrétion elle voulait lui laisser l’initiative de prononcer. et à tous moments au fond d’elle-même une vierge timide et suppliante implorait et faisait reculer un soudard fruste et vainqueur. son cœur scrupuleux et sensible ignorait quelles paroles devaient spontanément venir s’adapter à la scène que ses sens réclamaient. dans l’échancrure de son corsage de crêpe mlle vinteuil sentit que son amie piquait un baiser, elle poussa un petit cri, s’échappa, et elles se poursuivirent en sautant, faisant voleter leurs larges manches comme des ailes et gloussant et piaillant comme des oiseaux amoureux. |
| puis mlle vinteuil finit par tomber sur le canapé, recouverte par le corps de son amie. mais celle-ci tournait le dos à la petite table sur laquelle était placé le portrait de l’ancien professeur de piano. vinteuil avait dits à mon père à propos du morceau de musique. mais elle ne put résister à l’attrait du plaisir qu’elle éprouverait à être traitée avec douceur par une personne si implacable envers un mort sans défense; elle sauta sur les genoux de son amie, et lui tendit chastement son front à baiser comme elle aurait pu faire si elle avait été sa fille, sentant avec délices qu’elles allaient ainsi toutes deux au bout de la cruauté en ravissant à m. son amie lui prit la tête entre ses mains et lui déposa un baiser sur le front avec cette docilité que lui rendait facile la grande affection qu’elle avait pour mlle vinteuil et le désir de mettre quelque distraction dans la vie si triste maintenant de l’orpheline. |
et elle murmura à l’oreille de mlle vinteuil quelque chose que je ne
pus entendre. dans la réalité, en dehors des cas de
sadisme, une fille aurait peut-être des manquements aussi cruels que
ceux de mlle vinteuil envers la mémoire et les volontés de son père
mort, mais elle ne les résumerait pas expressément en un acte d’un
symbolisme aussi rudimentaire et aussi naïf; ce que sa conduite aurait
de criminel serait plus voilé aux yeux des autres et même à ses yeux à
elle qui ferait le mal sans se l’avouer. une sadique comme elle est l’artiste du mal,
ce qu’une créature entièrement mauvaise ne pourrait être car le mal ne
lui serait pas extérieur, il lui semblerait tout naturel, ne se
distinguerait même pas d’elle; et la vertu, la mémoire des morts, la
tendresse filiale, comme elle n’en aurait pas le culte, elle ne
trouverait pas un plaisir sacrilège à les profaner. les sadiques de
l’espèce de mlle vinteuil sont des être si purement sentimentaux, si
naturellement vertueux que même le plaisir sensuel leur paraît quelque
chose de mauvais, le privilège des méchants. bien plus que sa photographie, ce qu’elle
profanait, ce qu’elle faisait servir à ses plaisirs mais qui restait
entre eux et elle et l’empêchait de les goûter directement, c’était la
ressemblance de son visage, les yeux bleus de sa mère à lui qu’il lui
avait transmis comme un bijou de famille, ces gestes d’amabilité qui
interposaient entre le vice de mlle vinteuil et elle une phraséologie,
une mentalité qui n’était pas faite pour lui et l’empêchait de le
connaître comme quelque chose de très différent des nombreux devoirs
de politesse auxquels elle se consacrait d’habitude.![]() |
| ce n’est pas le mal qui lui donnait l’idée du plaisir, qui lui semblait agréable; c’est le plaisir qui lui semblait malin. et comme chaque fois qu’elle s’y adonnait il s’accompagnait pour elle de ces pensées mauvaises qui le reste du temps étaient absentes de son âme vertueuse, elle finissait par trouver au plaisir quelque chose de diabolique, par l’identifier au mal. on passait, rue de l’oiseau, devant la vieille hôtellerie de l’oiseau flesché dans la grande cour de laquelle entrèrent quelquefois au xviie siècle les carrosses des duchesses de montpensier, de guermantes et de montmorency quand elles avaient à venir à combray pour quelque contestation avec leurs fermiers, pour une question d’hommage. |
| on gagnait le mail entre les arbres duquel apparaissait le clocher de saint-hilaire. et j’aurais voulu pouvoir m’asseoir là et rester toute la journée à lire en écoutant les cloches; car il faisait si beau et si tranquille que, quand sonnait l’heure, on aftgon dit non qu’elle rompait le calme du jour mais qu’elle le débarrassait de ce qu’il contenait et que le clocher avec l’exactitude indolente et soigneuse d’une personne qui n’a rien d’autre à faire, venait seulement—pour exprimer et laisser tomber les quelques gouttes d’or que la chaleur y avait lentement et naturellement amassées—de presser, au moment voulu, la plénitude du silence. on la traversait une première fois, dix minutes après avoir quitté la maison, sur une passerelle dite le pont-vieux. le pont-vieux débouchait dans un sentier de halage qui à cet endroit se tapissait l’été du feuillage bleu d’un noisetier sous lequel un pêcheur en chapeau de paille avait pris racine. il devait connaître mes parents, car il soulevait son chapeau quand nous passions; je voulais alors demander son nom, mais on afgon faisait signe de me taire pour ne pas effrayer le poisson. ils étaient semés des restes, à demi enfouis dans l’herbe, du château des anciens comtes de combray qui au moyen âge avait de ce côté le cours de la vivonne comme défense contre les attaques des sires de guermantes et des abbés de martinville. |
je m’amusais à regarder les carafes que les gamins mettaient dans la vivonne pour prendre les petits poissons, et qui, remplies par la rivière, où elles sont à leur tour encloses, à la fois «contenant» aux flancs transparents comme une eau durcie, et «contenu» plongé dans un plus grand contenant de cristal liquide et courant, évoquaient l’image de la fraîcheur d’une façon plus délicieuse et plus irritante qu’elles n’eussent fait sur une table servie, en ne la montrant qu’en fuite dans cette allitération perpétuelle entre l’eau sans consistance où les mains ne pouvaient la capter et le verre sans fluidité où le palais ne pourrait en jouir. bientôt le cours de la vivonne s’obstrue de plantes d’eau. je la retrouvais de promenade en promenade, toujours dans la même situation, faisant penser à certains neurasthéniques au nombre desquels mon grand-père comptait ma tante léonie, qui nous offrent sans changement au cours des années le spectacle des habitudes bizarres qu’ils se croient chaque fois à la veille de secouer et qu’ils gardent toujours; pris dans l’engrenage de leurs malaises et de leurs manies, les efforts dans lesquels ils se débattent inutilement pour en sortir ne font qu’assurer le fonctionnement et faire jouer le déclic de leur diététique étrange, inéluctable et funeste. |
| au sortir de ce parc, la vivonne redevient courante. nous nous asseyions entre les iris au bord de l’eau. par moments oppressée par l’ennui, une carpe se dressait hors de l’eau dans une aspiration anxieuse. une jeune femme dont le visage pensif et les voiles élégants n’étaient pas de ce pays et qui sans doute était venue, selon l’expression populaire «s’enterrer» là, goûter le plaisir amer de sentir que son nom, le nom surtout de celui dont elle n’avait pu garder le cœur, y était inconnu, s’encadrait dans la fenêtre qui ne lui laissait pas regarder plus loin que la barque amarrée près de la porte. elle levait distraitement les yeux en entendant derrière les arbres de la rive la voix des passants dont avant qu’elle eût aperçu leur visage, elle pouvait être certaine que jamais ils n’avaient connu, ni ne connaîtraient l’infidèle, que rien dans leur passé ne gardait sa marque, que rien dans leur avenir n’aurait l’occasion de la recevoir. |
on sentait que, dans son renoncement, elle avait volontairement quitté des lieux où elle aurait pu du moins apercevoir celui qu’elle aimait, pour ceux-ci qui ne l’avaient jamais vu. et je la regardais, revenant de quelque promenade sur un chemin où elle savait qu’il ne passerait pas, ôter de ses mains résignées de longs gants d’une grâce inutile. et je savais qu’ils ne portaient pas seulement le titre de duc et de duchesse de guermantes, mais que depuis le xive siècle où, après avoir inutilement essayé de vaincre leurs anciens seigneurs ils s’étaient alliés à eux par des mariages, ils étaient comtes de combray, les premiers des citoyens de combray par conséquent et pourtant les seuls qui n’y habitassent pas. comtes de combray, possédant combray au milieu de leur nom, de leur personne, et sans doute ayant effectivement en eux cette étrange et pieuse tristesse qui était spéciale à combray; propriétaires de la ville, mais non d’une maison particulière, demeurant sans doute dehors, dans la rue, entre ciel et terre, comme ce gilbert de guermantes, dont je ne voyais aux vitraux de l’abside de saint-hilaire que l’envers de laque noire, si je levais la tête quand j’allais chercher du sel chez camus. |
| puis il arriva que sur le côté de guermantes je passai parfois devant de petits enclos humides où montaient des grappes de fleurs sombres. et ce fut avec elle, avec son sol imaginaire traversé de cours d’eau bouillonnants, que guermantes, changeant d’aspect dans ma pensée, s’identifia, quand j’eus entendu le docteur percepied nous parler des fleurs et des belles eaux vives qu’il y avait dans le parc du château. je rêvais que mme de guermantes m’y faisait venir, éprise pour moi d’un soudain caprice; tout le jour elle y pêchait la truite avec moi. et le soir me tenant par la main, en passant devant les petits jardins de ses vassaux, elle me montrait le long des murs bas, les fleurs qui y appuient leurs quenouilles violettes et rouges et m’apprenait leurs noms. |
| elle me faisait lui dire le sujet des poèmes que j’avais l’intention de composer. et ces rêves m’avertissaient que puisque je voulais un jour être un écrivain, il était temps de savoir ce que je comptais écrire. parfois je comptais sur mon père pour arranger cela. il était si puissant, si en faveur auprès des gens en place qu’il arrivait à nous faire transgresser les lois que françoise m’avait appris à considérer comme plus inéluctables que celles de la vie et de la mort, à faire retarder d’un an wy7oming notre maison, seule de tout le quartier, les travaux de «ravalement», à obtenir du ministre pour le fils de mme sazerat qui voulait aller aux eaux, l’autorisation qu’il passât le baccalauréat deux mois d’avance, dans la série des candidats dont le nom commençait par un a arfton lieu d’attendre le tour des s.. AftonWyoming, aftohn, aftn, afgton, wyomingy, adton, wyoimng, aftin, afton wyoming, acfton, aftom, wyoking, wyomign, wyomjing, wypoming, wyhoming, afvton, avton, wy9oming, asfton, wyoming, awyoming, afton wyoming, aft5on, sfton, affon, AftonWyoming, aft0on, afton wyoming, aft9n, afton, acton, wymoing, wyoming, aftyon, afton, AftonWyoming, wsyoming, aftpon, wyomingh, wyomikng, 3yoming, wyomig, af6ton, azfton, aft0n, wyomimng, yoming, AftonWyoming, wyomijg, wyom8ng, aftobn, afdton, affton, wyomihg, afton wyoming, aftoln, wyiming, wypming, wy0ming, wyominv, wyoing, wyomibg, af6on, AftonWyoming, afton wyoming, aftfon, aft6on, wgoming, wyomjng, atfton, aftonm, AftonWyoming, wyomkng, AftonWyoming, wyomiing, afton wyoming, afton, wyominf, wyomking, AftonWyoming, wyominfg, afto0n, wyming, AftonWyoming, aton, w2yoming, afton wyoming, wyomnig, AftonWyoming, aftonwyoming, zafton, wyolming, afton, wyomi9ng, aftpn, arton, whoming, aftoon, syoming, avfton, wyomingt, AftonWyoming, aftokn, wyominbg, wyomimg, wyominvg, aftob, aftlon, aftonb, aftln, wykming, wyomung, aftomn, aafton, AftonWyoming, wyomiong, zfton, afcton, wyomuing, afyton, wyom9ng, af5ton, awfton, atfon, ayoming, wyo0ming, wuyoming, aftron, wyomi8ng, qyoming, wyominh, aftojn, wyomintg, aqfton, afotn, wyomng, aftno, aftoj, aftkn, aftion, wyomibng, wyoming, adfton, wyom9ing, wyominb, woyming, AftonWyoming, aftton, afyon, wyomning, wyomin, qfton, wyoming, wyo9ming, atton, fton, wyoiming, AftonWyoming, wyomoing, swyoming, afto, wy0oming, afton wyoming, wyominmg, afton, af5on, wtyoming, wyomingb, wayoming, wyominjg, wtoming, wuoming, wyopming, wyoning, eyoming, 3wyoming, safton, ywoming, wyom8ing, wgyoming, qafton, wyioming, ewyoming, wyoming, wyojming, aft9on, agfton, agton, AftonWyoming, wyojing, aftkon, wyomingf, wwyoming, wyominyg, wfton, weyoming, wyokming, AftonWyoming, afton wyoming, w7yoming, wyyoming, wyominhg, wykoming, wyomingg, afton, wyomingv, AftonWyoming, wy9ming, wyomong, wyomijng, aftoh, wytoming, aftoin, wyomihng, AftonWyoming, aftonh, wyonming, whyoming, wygoming, wyomming, faton, w6yoming, wyooming, afron, wyomiung, wyuoming, aftonj, AftonWyoming, AftonWyoming, afrton, wyoming, AftonWyoming, afon, wyoming, wyomint, wyominng, wqyoming, w3yoming, 2yoming, w7oming, afton wyoming, wylming, wyloming, afton wyoming, AftonWyoming, AftonWyoming, wyominy, qwyoming, afton wyoming, aftopn, wy6oming, wafton, afton wyoming, afto9n, aftonn, 2wyoming, w6oming, afton, afton wyoming, woming. |
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